mardi 19 février 2019

Kébemer Maissa NDIAYE à IDY Macky n a rien fait dans la commune de kebemer

Sadbou Samb Serigne Touba Mbacke



BOROME NIMZATTE

MAME MORY DIENG TALYBE CHIEKHALE SYDATY 
OULDE CHIBY BOROME DJINE WI 



Naissance et enfance de Saad Bouh 




Descendance de Cheikh Saad Bouh 
Les Khalifes:

CHEIKHAL KHALIFA (Dit Sidibouya)ould Cheikhna cheikh saadbouh------:1917-1919
CHEIKH SIDATY ELKABIR ould Cheikhna cheikh saadbouh-----------------:1919-1931
CHEIKH TALIBOUYYA ould Cheikhna cheikh saadbouh--------------------:1931-1964
CHEIKH SIDATY ould Cheikh talibouyya-------------------------------------:1964-1987
CHEIKH MOUHAMED MALHAYNI ould Cheikh Talibouyya--------------------:1987-1991
CHEIKHNA TOUFAY ould cheikh Talibouyya----------------------------------:1991-1997
CHEIKH BOUNANA ould cheikh talibouyya---------------------------------:1997-present
(que dieu lui accorde une longue vie et une sante de fer)

Les fils de Cheikhna Cheikh Saadbouh:

Sidy Bouya (dit CHEIKHAL KHALIFA)
CHEIKH ATKHANA
CHEIKH HADRAME
CHEIKH SIDATY ELKABIR
CHEIKH AL WALY
CHEIKH MAKHFOU
CHEIKH MOUHAMED MALHAYNI
CHEIKH TALIBOUYA
CHEIKH BOUNANA

Les filles de Cheikhna Cheikh Saadbouh:

NAFISSATOU
LALA
SOUAYDOU
ASSIYYA
AMINATA CHIFA
SAHADANI
HADJATNA
SALAN BOUHA
MINTOU KHAYRI
EL HIDJA
EL IZZA
NAZATT
SAHLA
TOUWAYLITE LAHAMAN

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# Posté le vendredi 15 août 2008 13:01 

les oeuvre du grand-maitre 
Aperçu sur le soufisme à travers les siecles.


Son enseignement

En prelude à cet enseignement, il est important de faire un bref historique sur l'evolution de l'islam apres Mouhammad (PSL) qui, de son vivant, rappelons-le détenait les pouvoirs spirituels et temporels. A cet partie de l'année 632, donc apres sa disparition, ces pouvoirs ont été successivement détenus, pendant trente ans, par les quatre grands califes Abou Bakr, Ousmane, Omar et Ali.
Hassan, fils de Ali, qui succèda à son père, ne l'a détenu que durant six mois. En effet, pour éviter l'effusion de sang occasionnée par les incessantes guerres entre les fréres musulmans, il préféra abandonner le pouvoir temporel au profit du gouveneur de la province de Syrie : Mohaviyah, homme trés pieux, héroïque mais avide de pouvoir . cet acte confirmait la prédiction du Prophète Mouhammad (PSL) qui disait que trente ans aprés lui, ses successeurs légitimes seraient écartés de sa succession . Cette période correspond a l'ére des dynasties et à l'extermination des descendants de Mouhammad (PSL), la famille de Ali qui a engendré les chérifs.
Ce n'est qu'a partir du IIeme siècle de l'Hegire que le soufisme qui, en réalité , est aussi vieux que l'Islam au sens musulman du terme, s'extériorise.
Rapelons nous en effet que Mouhammed (PSL) disait dans un des Hadith (recueil de ses recommendations) : « Je suis la ville de la connaissance et Ali en est la porte » . Et c'est ce grand personnage , cousin , gendre et quatrième khalife du prophete (PSL), que la plupart des soufis (promoteurs du soufisme) considerèrent comme leur ancêtre spirituel . Rappelons-nous en outre le grand Veis Qarni du Yemen qui a hérité du manteau de Mouhammad (PSL).
C'est auprés de Veis Qarni du Yemen que Mouhammad (PSL), avant de rendre l'âme, envoya Oumar, Ali à qui il avait demandé de le trouver, de lui remettre son manteau et de lui dire qu'il lui revenait l'infime honneur de prier après le prophéte (PSL) et d'intercéder pour son peuple. Rappelons-nous également Djafar Sadikh (fils de Mouhammed Baqir, fils de Zein El Abidine, fils de Hossein Ibn Ali tué à kerbala) et de Hassan Al Bassri qui avait été élevé dans la maison du prophete Mouhammad (PSL) et qui a hérité du manteau de Ali . Ali disait de lui qu'il était le seul homme digne d'enseigner la parole de Dieu. Hassan a rencontré 300 compagnons du prophete (PSL) et 70 des combattants du puits de Badr .Tous ses contemporains ont été unanimes à dire qu'il avait conformé toute sa vie à celle du prophete (PSL). Son maître , khousseifa Ibn Yamân, l'un des premiers compagnons du prophete (PSL) à manifesté publiquement le soufisme, s'était justifié en disant : « Pendant que les gens s'evertuaient à demander au prophete (PSL) comment faire pour vivre dans la paix et s'éjourner au paradis , je lui demandais ce qu'est le malheur et comment l'éviter. C'est ainsi que j'ai herité de l'apôtre de Dieu un savoir exceptionnel. => 
Eléments sur son éducation mystique .


Anal bay ata ( pacte entre le maître et le talibé)
Il est régi par deux principes : d'une part, l'engagement du maître à conduire le "talibé" sur le droit chemin ; ce qui suppose pour lui , d'assurer son "talibé" sur le droit chemin ; ce qui suppose pour lui d'assurer à son "talibé", une ascension spirituelle ; autrement dit, l'engagement du "talibé" à se soumettre totalement à son maître . Les soufis s'inspirent là de ce verset coranique . « Ceux qui (le Prophète) prêtent un serment d'allégeance le prêtent plutôt à Dieu. La main de Dieu est au-dessus de leurs mains ».


Cheikh Oumar Ndiaye , guide religieux à Kaolack, enseigne ainsi ce pacte en résumant l'œuvre de Cheikh Ahmadou Bamba en trois mots : Maha, Mada, lâ ilâha ill'Allah . Le Mada correspond au deuxième principe cité ci-dessus, le Maha au premier principe et leur somme (Maha+Mada) donne Mouhammad (PSL) qui s'ajoute à lâ ilâha ill'Allah . Autrement –dit, dans ce monde, il n y a que Dieu et son Envoyé (PSL).


Ce geste rituel peut être scellé d'abord par une confiance qu'inspire le maître susceptible de guider le talibé vers Dieu ; ensuite par un sentiment d'amour que l'on peut du coup nourrir vis-à-vis du maître ou par une reconnaissance de ce dernier sur des services qu'il aurait rendus ; enfin, par pourparler entre la personne qui désire s'approcher de Dieu avec le Saint homme qui accepterait de l'y conduire .
Cet acte peut se traduire la transmission, par le maître, d'un Wird ou de quelques noms divins à utiliser selon une formule recommandée . Le pacte ainsi scellé implique, pour le talibé, un passage par trois étapes :


1-'Alal irshâdi : c'est la livraison du Wird au "talibé", une manière de l'éduquer. Au cours de cette éducation, le maître lui recommande de se conformer à toutes les recommandations de Dieu ; ainsi le "talibé" n'aura aucun problème pour franchir le pont sirât qui conduit au paradis.
Pour celler davantage ledit pacte, doivent etre instaurés entre le "talibé" et le maître des contacts assez fréquents ou Ziyâra (visites religieuses) ; le "talibé" lui donnant des adiyas en retour des bénédictions du maître .
Toujours dans cette étape, il est loisible au "talibé" de faire, indépendamment des pratiques obligatoires, des pratiques méritoires telles que les prières et jeûnes surérogatoires et de s'isoler, par moments, pour louer le Seigneur.
Ces étapes de faits constituent les préalables à l'ascension du "talibé" et à son accés aux deuxième et troisième étapes ci-après .


2-Awalou Tarbiyatou : c'est une éducation qui a pour objet de fortifier la soumission du "talibé" envers Dieu. Elle peut être assuré de plusieurs manières : dhikr, mortification, travail etc.
Le talibé doit aussi être intégre et craindre son Seigneur. Il doit, dans le cas, se débarrassant impérativement de ces défauts ou vices ; orgueil, jalousie, divertissement, nervosité, rancœur, avarice et autres, et se forger ces vertus : humilité, pureté, déférence vis-à-vis du maître, convenance, en d'autres termes, à toutes les recommandations de Dieu.


Au disciple imbus de ces vertus, il est promis ces récompenses : le statut, le Housnâ (séjour au paradis) et le Ziyâda (bénéficier de la récompense suprême qui consiste à l'accès à Dieu).
Pour se confirmer dans cette foi, le "talibé" peut demander à son maître quelques noms divins à réciter périodiquement.


3-Awalou tarqiyatou : cette étape correspond à l'élévation spirituelle du "talibé" qui est en contact permanent avec la réalité divine.
Il convient de noter que conformément au niveau d'éducation, le maître peut conférer au talibé le titre de Cheikh .
Cette consécration se divise généralement en trois catégories :


Cheikh en raison des services rendus à son maître. Au-delà de la reconnaissance du maître, il ya celle de Dieu.


Cheikh pour le wird ou makhadam : ici le talibé est autorisé à recevoir des néophytes et à leur conférer l'initiation de base.


Cheikh Tarqiya : il est investi, d'un rôle de conducteur d'âme.
Outre son aspect et extérieur (Zahîr), le terme Cheikh, en se référant aux différentes lettres arabes qui le composent, signifie:


Alif : entente avec les gens
Lâm :compassion, tendresse, générosité , envers les autres ,
Shîne : glorifier le Seigneur à tout moment,
Yâ : ne faire que de bons actes et les recommandera autrui,
Khâ : craindre Dieu


2-2 Les itinéraires spirituels :
Le grand Cheikh dit à ce propos qu'il n'ya nul doute qu'un serviteur de Dieu qui se conforme aux piliers fondamentaux de l'Islam ira au paradis. Cette récompense n'implique pas néanmoins, de sa part, l'accès à l'Unité divine. Seul un maître confirmé peut lui assurer ce privilège en guidant son âme par diverses étapes : les stations ou itinéraires spirituels.
Le Grand Cheikh en a fait deux traités. Les 7 puis les 70 itinéraires . Faisons connaissance avec les 7 que d'autres éminents maîtres ont également traités.


1-Nafsoul amâra : ici l'âme du talibé, qualifiée de bestiale, n'aspire qu'aux mauvais actes et s'expose aux rues de Satan. L'impureté de l'âme en est le corollaire . Cet état d'âme empêche l'ascension spirituelle . Le prophète (PSL) ne disait-il pas que le plus pénible des jihâd était le Jihâdoul nafsi ?


-Le maître doit recommander à son talibé l'invocation , le matin comme le soir de : Astakhfiroulâh (j'implore le pardon de Dieu) pour le sortir de cette situation .
Il est même conseillé, dans ce cas, de faire cette invocation en lieu et place de la lecture du coran dont le mérite est pourtant incommensurable en tant que parole divine .


2-Nafstoul lawâma : le talibé est ici au stade dit moùmine (croyant) et son âme, en état de conscience, aspire aux bons actes.
Il arrive même que l'âme se fasse des reproches dès qu'elle péche, ainsi qu'il est dit dans ce verset coranique « Non ? J'en jure par l'âme qui blâme. » Cependant, malgré cette ascension , l'âme est prédisposée à certaines passions . Elle est alors par moments, en balance entre la sharia (loi divine) et la haqiqa (vérité ou réalité divine). Pour qu'elle poursuive son ascension, le grand maître recommande au "talibé" la récitation de la Shahâda notamment pendant les périodes où il est animé de mauvaises intentions .


Le Grand Cheikh précise à ce propos que quand on récite la Shahâda 1000 fois au moment du coucher, la passe la nuit dans les cieux. Si on le fait dans les mêmes conditions à l'aube, l'âme se réveille en face de Dieu ; et si c'est dans l'après-midi, elle se trouve à l'endroit sublime(malakoùt)


3-Nafsoul moulhama : arrivé à ce stade , l'âme ,en état d'inspiration n'est exposée qu'aux petits péchés. Alors « elle inspire aux "talibés" son libertinage ou sa pieté » .Mais si « l'âme est purifiée elle sera heureuse ». Le Zikr alors recommandé par le maître est le suivant : Yâ allahou, yâ houwa (invocations sublimes du Seigneur). Ainsi l'âme baigne dans les secrets divins . Et le "talibé" n'est plus qu'à un palier de la sainteté.


4-Nafsoul moutma'innatou : Quand l'âme en est à ce point, (le réconfort), le talibé frappe à la porte des saints. Il doit par conséquent renoncer à tous les péchés ainsi « l'âme est apaisée » . Le nom Allahou doit être dans ce cas, invoqué très souvent par le "talibé".


5-Nafsou radiyâ : le talibé par le truchement de ce Zikr est élevé au rang des Saints. Et « l'âme retourne vers son Seigneur, satisfaite » . Dans ces conditions, le "talibé" doit renoncer à toutes les attractions de ce monde et s'abandonnait à la volonté de Dieu. Il ne s'adonne désormais qu'aux Zikr intérieurs (du cœur). Il est effectivement dit dans le coran : « invoquez Dieu humblement, et intérieurement ». Cette invocation entraine le talibé dans un état de ravissement , de possession de l'âme par Dieu. Chaque fois qu'il invoque le Seigneur une fois , cette invocation , par Dieu correspond à une multitude d'invocations.


Pour se faire une idée du caractère sublime de ces itinéraires, il convient de préciser qu'entre le premier et le cinquième l'âme demeure pendant son ascension, entre le Charia et la Tariqa . Bien que satisfaite, ainsi qu'il est dit ci-dessus, elle n'est pas encore agréée. Autrement dit le "talibé" se doit d'œuvrer davantage dans la voie divine.


6-Nafsoul mardiya ou sadiq : cette persévérance dans la voie divine permettra au "talibé" de dépasser la Sharia et la Tariqa pour accéder à la réalité ou vérité divine (mardiya ou sadikh). A cette étape également appelé haqiqa, « l'âme est agréée » parce que pure et parfaite . Cet agrément se traduit chez le "talibé" par une extase dès qu'il invoque le Seigneur. Ces pensées sont mues par la présence de Dieu. Il est , en d'autres termes, très proche de Dieu et Dieu est très proche de lui. Les soufis l'interprètent à la lumière de ce verset coranique : « Nous avons ce que son âme lui suggèrent car nous sommes plus proches de lui que sa veine jugulaire» . 


7-Nafsou kâmil : à ce stade l'âme en est la plénitude divine. Celui qui y accède est appelé « Maître des maîtres ». Par conséquent, il est habilité à assurer la formation spirituelle d'autres gens qu'il guident dans la voie permettant de ce conformer au verset ci-dessus (L, 16) ; adorer Dieu à tout moment constitue sa seule préoccupation . Tous ses organes ne vivent que pour Dieu . Arrivé à ce stade, l'on est investi d'un pouvoir spirituel différemment appelé : qûtbâniya ou pôle du temps , ami de Mouhammad (PSL) 'ubûdiyya ou serviteur exceptionnel de Dieu .


Toutes ces péripéties supposent, de la part du maître, la maîtrise du bâtin. Indépendamment de ces sept itinéraires , Cheikh Saad Bouh a mis en évidence le pouvoir de Hawsou qu'il caractérise ainsi : il est, de son vivant, unique dans l'univers, il est commun à toutes les créatures. Naturellement effacé, il n'est pratiquement pas connu des gens.
Sa volonté est celle de Dieu et il est le successeur spirituel de Mouhammad (PSL) par qui transitent toutes les décisions divines.
Ghazali dit à ce propos que le véritable guide de l'Islam est un Imâm, même s'il reste « caché » et vit dans la clandestinité. Il est infaillible et impeccable .
Ce pouvoir suprême n'est effectivement dévolu qu'à un chérif qui en assume ainsi la fonction . Cependant, un homme de Dieu très distingué peut en bénéficier mais sur titre .


Il est reproduit ci-après le schémas de la hiérarchie décrivant les étapes déterminantes par lesquelles transitent les décisions émanant du Très-Haut ; les différents élus ne bénéficient de ces privilèges que de leur vivant. Ils sont en conséquence remplacés dès qu'ils rendent l'âme .


Hawsou : il est le chef du « gouvernement » ;


Wakil : il est unique dans son époque et il détient tout ce qui se rapporte au Zahîr (l'apparent) et au bâtin (caché) ;


Imâmâni : ils sont au nombre de 2 ; l'un détenant le Zahîr, l'autre le bâtin ;


Lawtaab : au nombre de 4, ils se répartissent les quatre points cardinaux ;


Labdaar : ils sont au nombre de 7 dont les 4 sont du rite
Ces itinéraires pouvant assurément faire l'objet d'un ouvrage , je n'ai aucunement la prétention de les détailler ici . Aussi n'en donnerai-je qu'un aperçu.
Ainsi qu'il a été dit dans les 7 itinéraires, et précisément au niveau du septième (plénitude de l'âme), le pôle de l'époque en constitue la sommité de l'ascension pour accéder auprès de ceux qui sont déjà couronnés .
En voici, schématiquement, la chronologie ; l'accès à ces 70 itinéraires est tout d'abord subordonné à 7 conditions. 


1-Jouir de la considération de Dieu, Dieu portant son choix sur qui il veut ;


2- Etre intègre ;


3-S'abonner à la dévotion tout en se regardant d'adjoindre à Dieu nul associé ;


4-S'évertuer à approfondir son savoir. Ainsi, il faut connaître les obligations divines et les traditions de Mouhammed (PSL) (Sounna) ;


5- Faire abstraction de tous les désirs de ce monde ;


6-S'accommoder des recommandations de Mouhammad (PSL) ;


7-Se placer sous la bannière spirituelle d'un Grand Maître qui a accédé à la plénitude divine (Kamâl).

Chacune de ces 7 conditions dispose de trois ramifications. Illustrons, à titre d'exemple, la première condition dont les ramifications sont les suivantes :


-s'adonner exclusivement à la dévotion ;


-avoir l'amour pour les hommes de Dieu qu'il est recommandé de fréquenter et d'avoir confiance en eux, notamment dans le savoir.


-et enfin , observer les recommandations de ces hommes de Dieu.


Cependant, dans la poursuite de la décentralisation des choses, on notera l'existence de sous ramification issues chacune des ramifications précitées. Et le processus continue dans la même proportion de multiplication par trois.


L'accès aux 70 itinéraires est assujetti au passage par plusieurs « échelons » caractérisés par des conditions (7 et 3) que le disciple engagé se doit de remplir . Il n'est pas mon propos de les détailler ici.
Il est donc clair que l'itinéraire spirituel a essentiellement comme base les trois piliers de la région : l'Islam (la soumission), l'Iman (Foi) , et l'Iksan (comportement parfait). Et pour peu qu'on soit initié au soufisme , l'on s'aura que c'est l'Iksan qui favorise l'ascension spirituelle. Dans cette ascension, le disciple en arrivera au point qui lui seront visualisés l'âme des élus de Dieu. C'est pour cette raison que les Grands Saints se connaissent mutuellement excepté le Hawsou

-celle des prophètes dans leur portrait sublime et celles des anges.
A ce stade de l'ascension, le disciple peut, par le biais du Grand Maître, accéder à un degré spirituel plus élevé : celui réservé aux élus de Dieu . Ce qui explique le fait que certains maîtres confirmés vont à la recherche de cette catégorie rare de maîtres exceptionnels ou Grands Maîtres pour accéder à ce ce rang où le disciple reflète la lumière divine. Cheikh Saad Bouh précise à ce propos, qu'il en était arrivé à un degré d'ascension au point que Dieu lui a accordé le privilège de disposer à volonté des deux mondes : ici-bas et l'au-delà. Il a décliné cette offre car, explique-t-il, en acceptant les avantages proposés, il n'aurait pas atteint son unique objectif : jouir davantage de la connaissance de Dieu.
Ainsi Cheikh Saad Bouh dit qu'il a été élevé au rang de Serviteur sublime de Dieu. 


Il importe de souligner qu'en cours d'ascension vers ce stade spirituel, beaucoup d'élus de Dieu ont eu à s'arrêter au makhâmou Ibâdatou (bénéfice des bienfaits dans ce monde et dans l'au-delà).


Cheikh Saad Bouh précise en outre que, lorsqu'un disciple accède à ce degré de spiritualité , il doit se conformer à une certaine observance et cela, à titre de rappel seulement. Car, c'est là une attitude qu'on doit observer au départ .


L'étendue et la transcendance des 70 itinéraires ne me permettent pas d'en dire davantage. Les exemples que j'en ai donné plus haut, peuvent suffire. => 
Sa litterature 

Cette littérature étant essentiellement axée sur l'enseignement, il parait nécessaire d'en parler ici brièvement. 
Considérée comme un trésor par ses descendants, cette littérature a été pendant très longtemps séquestrée par ceux-ci à telle enseigne qu'elle est connu de peu de gens . Ce n'est que pendant ces dernières années qu'elle a été partiellement portée à la connaissance du public. Les ouvrages du Grand Maitre ont été évalues ă 313 000 mais il a tenu, de son vivant, en a détruire une très grande partie, craignait que certains écrits ne mènent des lecteurs non-initiés au sacrilège. Ainsi, un récent inventaire a permis de récence 69 ouvrages dont une partie se trouve énumère en Annexe 3.
Des recherches entreprises sur la fréquences des écrits du Grand Maitre ont donne ces estimations ;
-3.312 vers par jour,
-828 khat (groupe de 5 à 12 vers) par semaine,
-1 hassid (périodique) par mois.
- et un ouvrage par an
En homme de lettres, Cheikh Saad Bou, à l'instar des soufis, loue, dans la plupart de ses écrits, Dieu et Son Envoyé, Mouhammad (PSL)
Ses écrits comprennent par ailleurs des écrits d'ordre historique, scientifiques, religieux et philosophiques. Voici un bref résume de quelques-uns d'entre eux ;
1khatibou layai : cet ouvrage traite de tout ce qui a trait formes du Savoir.

2 Mourchidoul askhan ala takhsili toubil abdane : cet ouvrage grandiose rédige en trois jours, traie de deux aspects : encyclopédie médicale et encyclopédie sociologique.
Pour ce qui a trait à la médecine, Cheikh Saad Bou y détermine les causes et les remèdes des maladies de l'homme, lesquels remèdes étant à base de minéraux (or, argent, fer,...). Faune et flore. D'autres part, il établit un traite sur la morphologie sociale, un domaine sociologique d'une importance capitale pour les tribus negro africaines singulièrement. En effet, y sont mises en évidence les conditions de procréation des races (choix des partenaires, quand et comment faire l'amour ?...) C'est après la disparition du grand maitre qu'on s'est rendu compte de la véracité de tous ses propos.

3 Inal mourada (la nostalgie du prophete), après que le prophète (PSL) lui eut demande par révélation de lui dédier un poème exceptionnel, Cheikh Saad Bouh fut inspire pendant qu'il faisait ses ablutions. Effectivement, après celles-ci, il dicta à un de ses secrétaires le contenu de cette œuvre qui force l'admiration. Il s'agit d'un poème en acrostiche. C'est à ce titre que le Grand Maitre dit que Inal Mourada sert de guide d'inspiration à tous les poèmes dédies à Mohammad (PSL)

4. Alsounatoul Nafisatou fi radi bayhatil Hadisati (démenti sur ma soumission) : Cheikh Saad Bouh priait quelques vendredis (à l'heure du Zohr) chez son frère Cheikh Ma El Ayine, au Maroc sans qu'on ne s'en rende compte dans son entourage . En effet chaque fois que Cheikh Saad Bouh sortait de sa tente pour préparer la prière du vendredi, il en profitait pour aller mystérieusement au Maroc d'où il revenait, dans les mêmes conditions qu'au départ, pour prier avec ses disciples. C'est au cours de ces prières au Maroc qu'un disciples de Cheikh Ma El Aynine habitant le Banka, près de Boutilimit, de retour dans cette région, y annonce que Cheikh Saad Bouh était le disciple de son maître pour qu'il gardait le troupeau . Et la nouvelle est vite répandue dans toute la Mauritanie. Cheikh Saad Bouh prit sa plume pour écrire l'ouvrage précité. C'est dans cet ouvrage qu'il retrace les faits saillants de sa vie tout en précisant qu'hormis son père, il n'avait point d'autre maître .
5 . Al adios : il est difficile de donner un titre exact à ce magnifique poème exceptionnel dédié à Mouhammad (PSL) du fait qu'il est segmenté en 32 parties portant chacune un titre : le soleil, la lumière, la lumière, la vie, etc. C'est dans ce poème que Cheikh Saad Bouh a trouvé des qualificatifs exceptionnels pour le Prophète (PSL) et qui a motivé le premier départ de Cheikh Ahmadou Bamba en Mauritanie. Le grand fondateur du mouridisme était alors omnibulé par un seul objectif : contacter l'auteur de Al adiôs qui se trouvait en ce moment à Toueyzikt, alors inaccessible . Le saint de Touba profitera de ce séjour pour exploiter à Tin Douja (Boutilimit), chez Cheikh Sidiya, la bibliothèque qui C'est avec celle de toumbouctou au Mali, la plus riche en Afrique Occidentale. C'est aussi ce poème qui a fait pleurer Cheikh Ahmadou Bamba quand Cheikh Sidy Bouya, l'aîné de Cheikh Saad Bouh, envoyé par son père chez Khâdimou Rassoul, l'avait récité à son intention.
6.Nôrou sirât fi ilmil tasawwufi :(lumière sur le chemin menant au soufisme) : œuvre grandiose également de 666 vers. Le Grand Maître dit qu'elle sert de guide aux musulmans pour franchir Sirât, chemin menant au paradis
7. Al khawâtimou : Cheikh Saad Bouh y retrace, d'une manière exhaustive, la vie de tous les fils de Cheikh Mouhammad Fadel , avec rétrospection de leurs actes de dévotion, leur pouvoir spirituel et leurs dernières volontés .

8. Tahdjisoul bourkhâne fi alati cahami woudoukhâne 
( l'utilisation du tabac: difficultés pour formaliser son interdiction.) . Son utilisation est toujours l'objet de maints commentaires des savants dont la plupart d'entre eux, comme le Grand Maître, ont argué de ses méfaits (destruction de la santé, incommodité de ses voisins, etc.) et opté pour son interdiction. Cependant on constata, à la surprise, qu'un jour, il vit fumer, Cheikh Sidaty à qui il ne dit rien . Interrogé sur son attitude passive, Cheikh Saad Bouh dit que si son fils ne fumait pas il ne pourrait être en rapport avec les gens. Cet état de fait s'est justifié lors du khalifat de Cheikh Sidaty qui voulut, étant le successeur de son père, se conformer à toutes ses recommandations. Il cessa alors de fumer . Et il arriva à ne plus reconnaître personne, même ses proches . Sa sœur Nafissatou, se rappelant ce qu'avait dit son père, contraignit Cheikh Sidaty à reprendre le tabac dont l'utilisation dimunie l'intensité de la lumière spirituelle.

9. Man bahoul irtidjât : Cheikh Saad Bouh y demande à Dieu de le dispenser des péchés non intentionnels.

10. Silâhoul maharik fi jawâbi Moulaye Mbarick ( réponse à Moulaye Mbarick à propos des armes de guerre) : après une discussion intervenue sur l'utilisation de ces armes, Moulaye Mbarick, non satisfait des réponses recues çà et là, demanda à Cheikh Saad Bouh ce qu'en dit la voie divine (sharia) ; les réponses que donne le Grand Cheikh, constitueront ce livre
Son influence réligieuse 


L'un des objectifs majeurs de Cheikh Saad Bouh, était rappelons-le, de propager l'Islam dans sa zone geographique de predilection ; l'Ouest.


Aussi chargeait –il cette mission de propagation à ses representant tous eleves au rang de cheikh et sans aucune distinction de confrerie.


En effet il remettait toujours à ceux-ci le wird de leur choix. Et en les intronisant comme ses representants, le grand Maitre usait de Tamkin, procédé mystique exceptionnel qu'il est nécessaire d'illustrer en retrançant l'étendue de l'influence religieuse du Grand Cheikh.


En mauritanie


-Dans le trarza: l'influence du Grand Maitre , partielle chez les Loubeidat, Ehel Bou Hobeini, Tangounant Ould Houloud, Tachedbit et Ehel Barick Allah, était parcontre considerable chez les ntaaba et ehel Ag Dabiaye. En bordure du fleuve, dans le canton de Thiekane (residence Mederdra), il comptait plusieurs representants Haal Pulaar'en.
-Dans le Brakna: son influence ne s'etendait que chez les Id Ag Djemouella et Thagatt.
-Dand l'Adrar: c'etait seulement chez les Smassidesa qu'on trouvait ses reprentants.


-Dans le hod Sahel , les vallées de la Seguia et du Dra: ayant quitté ces regions tôt, Cheikh Saad Bouh y compte trés peu de representants mais son nom est vénéré chez tous les taleb Mokhtar. Certains de ses frères sont mêmes devenus ses disciples notamment : Cheikh Abderrakhmane dit Abdati, Cheikh Sdy Lamine et Cheikh Sidy El Khir.


Voyons les circonstances dans lesquelles certains de ses representants furent intronisés.


Cheikh Tourad Ould Cheikh Abbas Ould Cheikh Hadrame Ould Cheikh Mouhammad Fadel: son pere, Cheikh Abbas, était un disciple de Cheikh Ma El Aynine, au Maroc. Une discorde étant intervenue entre eux, il quitta son maitre pour s'installer dans le desert d'où Cheikh Saad Bouh envoya le chercher. Interrogé sur son comportememt, Cheikh Abbas expliqua à son oncle Cheikh Saad Bouh qu'il s'est volontairement isolé pour prier le Tres -Puissant de l'élever au même degré de pouvoir spirituel que Cheikh Ma El Aynine.
Dieu ayant déjà fait élever son frère au rang de qutb (pôle de l'époque). Cependant , ajouta-il il peut prier pour qu'un de ses proches ait cette distinction. Dieu exauca cette priere et le jeune Mouhammad Fadel devra en être gratifié.


C'est ainsi que ce dernier quitta le hod pour rester auprès du Grand Cheikh trois ans durant. Un jour il demanda à son maitre :"pourqoi pour ma Tarbiya (formation) ne me faites vous pas travailler comme la plus part des diciples; ma faible constitution en est peut-être la raison?"
"Non lui repondit celui-ci, car , c'est à partir du thé que je vais te donner mon enseignement . Il va faloir que tu te "Saoules" du Thé".
Peu de temps après cette "épreuve", Cheikh Saad Bouh l'appela et lui dit en prenant son chapelet :"les grains de ce chapelet symbolisent les saints et tu es leur temoin (tourad)".


Et depuis ce jour, Cheikh Mouhammad Fadel est ainsi surnommé Cheikh Tourad , qu'il ne faut pas confondre avec Tourad, fils de Cheikh Hadrame Ould Cheikh Mouhammad Fadel , sera le maitre du Grand Savant Boutilimitt Cheikh Sidy Mouhammad.


Il se révélera au monde musulman comme un poète, un érudit, un juriste exceptionnel dont l'oeuvre soufie est aujourd'hui recherchée par les initiés au soufisme.
Cheikh Tourad a été enterré au cimetière des "abattoirs" corniche Ouest de Dakar". Il rendit l'âme dans cette région peu de temps après son pelerinage à la MECQUE.


Cheikh Makhfouss Ould Cheikh Taleb Khiar Ould Cheikh Mouhammad Fadel: il est resté quatorze ans auprès du Grand Cheikh.


Après un Sejour au Mali et en Guinée ou il a contribué à la formation spirituelle de Samory, Cheikh Saad Bouh decida de le fixer au Sud du Senegal (Casamnce Gambie, Ginee Bissau) où les populations étaient profondément des animistes. Le khatim (sens caché dans l'utilisation des noms divins) que lui permit faire face a tous les esprits téléguides contre lui. Ainsi il parcourut vingt trois ans durant (de 1877 à 1900) toutes ces zones où il compte de nombreux disciples dont plusieurs rois locaux: Moussa Molo des firdou (Gambie), Thierno Diallo (Guinee Bissau), Moulaye DRAME(Marsassoum), Bourama Diatta(Tambacounda ).


Et parout sur son passage , il recommendait aux populations islamisées, la creation d'écoles et de mosqués ainsi que l'amélioration de l'agriculture, de l'elevage et du commerce. Après avoir fondé les villes de Darou Salam 1 et 2 et près de Sedhiou et Bamako, il mourut, en 1919, dans cette dernière ville où il avait soigneusement préparé quelques jours avant , son tombeau.


Cheikh Sidy El Khir Ould Cheikh Mouhammad Fadel: très tôt, Cheikh Saad Bouh demanda au benjamin de la famille de Ould Mamin, homme de Dieu trés Bouillant, d'être son disciple. Il refusa, préférant faire sa Tarbiya auprès du tombeau de Cheikh Mouhammad Fadel. Un jour alors qu'il se trouvait a Ganguel (près de Matam), chez Cheikh Moussa Kamara, Cheikh Sidy El khir eut à discuter avec Cheikh Makhfous du délai au bout duquel les chameaux perdus d'une femme de la zone seraient retrouvés. Cheikh Makhfouss ayant pris le dessus par l'exactitude de ses previsions, il se ravisa sur les conseils de celui-ci, à faire sa tarbiya auprès du Grand Maitre . De retour au Hod , il entreprit le 16 juin 1909, le voyage avec dix compagmons sur Tal Khay Agnan, a 25 km au nord de Nimjat, où se trouvait alors Cheikh Saad Bouh, sollicitant la baraka par le biais d'une prose à 16 vers . Et le grand Maitre tint ces propos: " Depuis que tu as formule l'intention de venir aupres de moi, Dieu t'a inscrit parmi ses elus ainsi que dix de tes compagnons. Il vous est donc loisible de descendre de vos montures pour boire avec nous le lait de tarbiya ou de retourner dans le Hod". Ayant ainsi reçu l'enseignement de son grand frère, Cheikh Sidy El khir, devenu plus doux accepta de se marier.C'est pour cette raison qu'il dit a sa progeniture :"n'eut été Cheikh Saad Bouh, je me consacrerais exclusivement à Dieu et vous ne seriez pas de ce monde"

.
Cheikh Mouhammad Ibn Tefi: dans le chapitre consacré à l'exode , il a été souligné que ce personnage était le plus grand détracteur et adversaire de Cheikh Saad Bouh. Lors de son pélérinage a la mecque il attendait avec d'autres pelerins l'arrivée de l'imam, pour prier .


Cheikh Ahmad Ben Maaly de la tribu de Thagatt: il habitait Maxtalajaar , près de Boutilimitt. Cheikh Saad Bouh l'appelait le maitre des Saints et c'est à lui qu'il avait remis les trois notes, il mettait en evidence la grandeur de ce nom (nom sublime de Dieu) et priait en substance Dieu de lui pardonner tous ses peches et de le remercier de la vertu dont il a gratifié ce "fils". Et quand plus tard Abdoul Aziz atteignit l'âge de la majorité, il partit trouver, chez lui, le vieux maitre des saints. Ce dernier , l'ayant reconnu intérieurement ( batin) lui remit le message et dit :"Ma mission accomplie, je peux disparaitre". Il rendit l'ame effectivement, peu de temps après.


Mouhammed Sakhnoune de la tribu des Ehel ag Dabiaye: il était attache a Cheikh Saad Bouh . Il était d'un degré de spiritualité tel que, lorsqu'il rendit l'ame, près de Tiguent, l'on n'avait pas cru à sa mort . En effet lors de sa toilette funèbre effecctuée par Cheikh Sidy Bouya Ould Cheikh Saad Bouh et et Sidy Bouya Ould Abderrahmane, il tendit a ceux-ci ses membres à chaque fois qu'ils finisaaient d'en laver un autre.


Cheikh Bachir Ould Mbarickde la tribu de Id Atjfara du Tarza :il était un éminent savant et secrétaire particulier de Cheikh Saad Bouh dont il était, en outre, le gendre. Il est l'auteur de Biwadi nassaibi, oeuvre grandiose dans laquelle il a été traité, d'une manière exhaustive, l'arbre génealogique du Prophète (PSL) jusqu'a son ancêtre Adnan et qu'il a achevé ainsi:"Si l'on vous demande qui est l'auteur de cette ouevre , dites que c'est l'oeuvre de Cheikh Saad Bouh."


Ce Grand savant s'est outre fait distinguer lors de son pélérinage à la mecque où il se rendit avec onze de ses "talibés". En effet, lorsqu'une panne importante fut décelée dans le bâteau qui devait les amener à djeddah, en Arabie Saoudite, les trechniciens européens , après avoir tout tenté vainement eurent recours à lui . Aussitôt qu'il interpella :"Ya Cheikh Saad Bouh" le bâteau mu par on ne sait quel phénomène , alors qu'il était au large du Maroc, debarqua à Djeddah.


Ahmed Ibn Hanbal de la tribu des Ntaaba : le grand Cheikh lui a été toujours reconnaissant pour le fait d'avoir trés tôt cru en lui. Il lui témoigna dans Inal fouwada ou en l'appelant "celui en qui l'on a confiance" a prié pour lui.


cheikh Amar Ould Maouloud (Ntaaba) : il était la cassette personnifiée tant il connaissait par cœur les poèmes du Grand Maitre, poèmes qu'il aimait chanter .C'est justement à lui qu'avait pensé Cheikh Saad Bouh lorsqu'un vendredi après la prière du Zikr, il s'était attardé chez Cheikh Ma El Aynine au Maroc, car les disciples de ce dernier, après la prière du Zohr, s'était mis à chanter ses louanges au point que Cheikh Saad Bouh en devint jaloux. Dans sa position meditative, il pensait à Cheikh Amar qui à cet instant , se trouvait auprès de son troupeau à Ziré, donrc à des milliers de kilometres du Maroc. Par le truchement d'un remarquable miracle , Cheikh Amar se trouva aussitôt auprès de son maître . Sa présence sera effectivement détectée par Cheikh Ma El Aynine qui , mystérieusement , entendit, en plus des poèmes qui lui étaient dédiés, d'autres langoureusement chantonnés . Aussitôt dit-il à l'endroit de ses disciples : « Cessez de chanter mes louanges et entonnez celles de mon père ici présent ».



Au Sénégal
L'influence de Cheikh Saad Bouh était également considérérable dans la plupart des provinces de ce pays ou il comptait de nombreux représentants.


-Fouta et Bakel : Cheikh Saad Bouh , en occupant les places laissées vides par les fils et successeurs de El Hadji Oumar, y a instauré particulièrement la Tidjaniya et parfois la khadrya et la Tidjaniya .
On comptait parmi ses principaux representants : Cheikhou Moussa Kamara dans le cercle de Bakel ; Cheikhou Boukhar Datt, Cheikh Laba, Siré Abbâs Sow, Cheikh Souleymane et Thierno Yérim Bâl dans le cercle de Saldé- Diorbivol ; et El Hadji Hamadou Abdoul Karim dans le cercle de Podor.

Cheikh Moussa Kamara (Ganguel près de Matam) : il était un très grand Moukhadam de la confrérie Tidjaniya. Doudou Seck dit « Bou El Moghdad » disait de lui que quiconque essaie de le comparer à un autre marabout, c'est comme s'il voulait mettre en paralelle un sabre fort tranchant et un canif. L'un des petits fils de El hadji Omar (fils d'Aguibou) qui était à Dinguiray (au Mali) disait également de Cheikh Moussa que leur grand-père (El hadji Omar ) ne lui était supérieur que parcequ'il était guerrier, la seule différence est que l'homme de Guanguel ne porte pas de sabre .
Cheikh Moussa Kamara était très intelligent et instruit et avait été l'auteur de plusieurs ouvrages dont l'un des plus célébres : " la vie d'El Hadji Omar" , a été traduite en français par le professeur Amar Samb de l'IFAN .C'est après avoir rencontré Cheikh Saad Bouh à Saint Louis qu'il s'est résolu à se rendre à Nimjat pour un Tarbiya d'un mois. Il sera ainsi à la fois Moukhadam Tidjaniya et Khadrya très influent. Une Ziarra annuelle est organisée dans son village de Ganguel où il est enterré depuis 1943 , à l'âge de 79 ans.

Cheikh Boukhar Dat de Néré : ce nom de famille signifie en pulaar « encre » (dâ) . Il le lui était atttribué du fait que toute sa réputation résidait dans sa plume avec laquelle il a fait plusieurs miracles. D'ailleurs il est parvenu, un jour, à soigner un fils de Cheikh Saad Bouh qui était gravement malade .
Ce qui lui a valu de la part du Grand Maitre une note dans laquelle il recommande aux gens de lui donner des hadiyas. Ses descendants résident pour la plupart à Saint –Louis où son fils Ibrahima , très attaché à Cheikh Saad Bouh, a formé la plupart des éminents maîtres coraniques de cette ville.


-Saint-Louis : Cheikh Saad Bouh y jouissait d'une grande considération . Ses principaux représentants y étaient : Cheikh Mbarick Diop, Cheikh Ndos , Cheikh Moustapha Guéye, Abrane Guéye et Cheikh Ahmadou Dieng .


Ce dernier , grand érudit , pensait qu'aucun homme ne lui était plus proche de Dieu . C'est pour cette raison qu'il s'était dit, en lisant un des écrits de Cheikh Saad Bouh dans lequel celui-ci dit qu'il est incomparable, que seul un maure sait tenir ces propos. Et il perdit aussiôt tout son savoir. Pour avoir des éclaircissements sur son état du reste très inquiétant , il partit à Dakar auprès de Youssouf Ba Amar Guèye. Ce dernier lui demanda d'aller voir Cheikh Ahmadou Bamba à Diourbel. Dés que Khadimou Rassoul vit Cheikh Ahmadou Dieng, il fit une prière en deux prosternations (rakkas) et lui dit « Tu as offensé Cheikh Saad Bouh ; vas sur tes pas le rejoindre à Nimjat ».


Sitôt que Cheikh Ahmadou Dieng se présenta à la ville sainte, le Grand maître fit de lui un berger en lui remettant une partie de ses troupeaux. Ce n'est qu'au bout de trois ans que Cheikh Saad Bouh l'appela et lui etreignit la tête sous son aiselle pendant quelques instants. Libéré, il tomba en transe. Lorsqu'il recouvra ses esprits, le Grand Cheikh lui demanda : « Qu'a- tu –vu ? »
« Le pidestral du thrône de Dieu)
C'est ainsi que Cheikh Ahmadou Dieng reçut l'enseignement du Grand Maître qui lui dit « je t'ai conféré un savoir inestimable que tu devras professer partout où tu iras. Mais sache effectivement , je suis incomparable » .
C'est en raison de cet état de faits que Cheikh Saad Bouh a dit « j'ai fait acceder à Dieu Cheikh Ahmadou Dieng qui guidait les autres saints vers la lumière divine ».


-Ndiambour : Cheikh Saad Bouh y était principalement représenté par Mademba Sylla à Louga, Cheikh Bolo à Ngouma , Cheikh Ahmadou Diop à Massar Diop « 1 » au Ndiambour puis à Ngouma ( Cayor) et Ndiouga Diagne à Ngadj ( près de Sakal).


Cheikh Bolo : il était un commerçant très riche et voyageait entre Saint-Louis et Ngouma Guéoul . Très pieux, il prête serment à Cheikh Saad Bouh qui lui dit un jour « Mon ancêtre Mouhammed (PSL) t'aime tellemnt quiconque t'aime ira au paradis. Seulement, étant donné que tu es très riche et que le Prophète (PSL) n'aime pas l'opulence, j'ai prié le Tout-Puissant afin que tu sois modérément riche ».


Pour l'amour qu'il avait pour le Prophète (PSL) et Cheikh Saad Bouh, Cheikh Bolo préféra se débarrasser de sa fortune.


Cheikh Ahmadou Diop : le Grand Cheikh l'avait autorisé à livrer aussi bien le Wird khadrya que le Wird Tidjaniya.
Il a dit de lui que Dieu et Mouhammed (PSL) aiment tous ceux qui aiment le sage Cheikh du village de Massar Diop « 1 » . C'est pourquoi Cheikh Saad Bouh a écrit que tous les membres qui composent son corps sont amoureux de Cheikh Ahmadou Diop . Il lui a en outre dit : « Le bonheur sera ton compagnon 

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# Posté le jeudi 14 août 2008 19:26 

wa keur cheikhna cheikh saad bouh 
Les bienfaits du Seigneur 
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Tout ce qui a été dit précédemment sur le Grand Maître autorise à dire que celui-ci demeure un personnage au pouvoir spirituel, comblé de maints bienfaits du Seigneur, donc difficile à circonscrire. Et c'est comme s'il voulait nous donner une meilleure idée sur sa personne qu'il dit :


"Toi qui veux me comparer à un autre, recule
Rien ne te sera élucidé.
Je constitue un mystère parmi les mystères divins
Que nul ne peut percevoir. 
Cependant je suis dépositaire des choses cachées 
Que Dieu m'a fait connaître par Sa grâce
Ma pensée et mes actions sont dictées par mon Seigneur.
Mon Sommeil s'effectue dans les profondeurs incommensurables de l'intimité divine
Et seul Dieu en est témoin.
Je demeure inconnu pour ceux qui ont accès à Dieu
Car mon intégration en lui se traduit par une dissolution totale de mon être."

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Ne faudrait-il pas alors arrêter ici ma ferveur : Cheikh Saad Bouh étant assurément un véritable phénomène dont Dieu nous a pourvu ? Je serais tenté de le faire, n'eut été fruit de cette méditation à laquelle je convie le lecteur, avant d'en dire plus. 
Cette réflexion qui, j'ose l'espérer, contribuera à mieux faire saisir les bienfaits accordés par Dieu à certains de Ses élus comme Cheikh Saad Bouh, se fonde sur les sources suivantes : 

ces versets coraniques : « Dieu guide vers Sa lumière qui il veut ; Dieu propose paraboles aux hommes ; Dieu connaît toute chose ». (Coran XXV, 35). « Votre seigneur a dit : implorez-moi et je vous répondrai » (Coran XL, 60).
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Ce Hadith : « Que Mon serviteur ne cesse de s'approcher de Moi par des pratiques surérogatoires jusqu'à ce que Je l'aime. Et quand Je l'aime, Je suis l'ouïe par laquelle il entend, la vue par laquelle il voit, la main avec laquelle il empoigne, la langue par laquelle il saisit, le pied sur lequel il marche ».
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Ce Hadith ; « Tout vœu adressé à Dieu et formulé à partir de la considération qu'il à mon égard (Mouhammad) (PSL), sera exaucé ».
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Le « dévoilement » (tajalli) des degrés devins : « Dans les activités divines (état de contemplation), le serviteur voit la puissance divine dans les choses. Il voit Dieu comme l'auteur de leur mouvement et de leur repos, toute action émanant de la créature est attribuée à Dieu seul. Dans cette contemplation, le serviteur est dépouillé de tout pouvoir, force et volonté propres ». 
« Si le serviteur s'élève plus haut et que Dieu le fortifie et le conforte, après son extinction (fanâ). Dans l'état de subsistance (baqâ), Dieu répondra lui-même à quiconque invoquera ce serviteur ; ainsi par exemple, quand quelqu'un dit : « O Mouhammad » c'est Dieu qui lui répond : « Je suis à ta disposition !»


« A d'autres. Dieu se révèle par Son Nom L'intérieur (al bâtin), et ils y accèdent par l'intuition que les choses subsistent par Dieu, Qui en est la réalité intérieure. Dès que Dieu se dévoile comme l'Intérieur, la manifestation que serviteur projetée par la lumière divine, s'éteint, Dieu devient l'Intérieur du Serviteur plane dans la sphère de cette Qualité jusqu' à ce qu'il ait atteint la limite par voie d'intégration (al-ijmâl)... » 


« A d'autres : de ceux qui contemplent les qualités divines 
Dieu se révèle par la qualité de la toute-puissance (al-quadrah) en sorte que les choses se constituent, dans le monde non-manifesté. Par la volonté du contemplatif, et que tout ce que contient le monde individuel de conforme à son modèle... »


« A certains, Dieu se révèle par la Qualité auditive (assam), en sorte qu'ils entendent les énonciations des minéraux des plantes, des animaux, de même que le langage des anges et diverses langues ; les choses éloignées se manifestent à ceux comme les proches... »


« Parmi eux qui réalisent la parole divine (al-kalâm), certains entendent des choses cachées ; ils ont donc connaissance des évènements avant qu'ils n'arrivent, soit ils les connaissaient en s'interrogeant, soit Dieu les prévient de Sa seule initiative ».


« D'autre – de ceux qui réalisent cette Qualité divine (al-kalâm) – demandent des miracles, et Dieu les comble, afin qu'ils aient une preuve de lui quand ils reviennent à leur conscience corporelle tout en gardant intègre leur attitude envers Dieu... »
El Hadji Malick Sy dit que Mouhammad (PSL) a fait 70 miracles.

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Le dévoilement (majla) de l'Essence (adh-dhâti) :
« Quand un homme réalise l'Essence (adh-dhâtiyûn), demeure en lui la réalité subtile divine. Il influence les réalités de l'existence comme l'aimant attire le fer. Il dompte le cosmos par sa grandeur, et par sa puissance. Il fait ce qu'il veut ».

L'auteur précise à ce propos qu'il ne faut pas perdre de vue que l'essence de cet être est identique à l'Essence divine, en sorte qu'il ne peut pas y avoir de distinction entre lui et Dieu. Et il ajoute qu'on peut dire qu'il en fait pas ce que Dieu n'aurait pas fait, ou que c'est Dieu qui agit par lui. 

A la lumière de ces vérités, soit-on s'offusqué lorsque Cheikh Saad Bouh, entre autres choses nous révèle :

" Les endroits célestes émanent de mon ressort spirituel.
Je suis un personnage exceptionnel, donc incomparable.
Déjà on est témoin des faveurs que le Tout-Puissant 
M'a accordées en cette vie ; mais en réalité l'on 
Méconnait ce qu'Il m'a réservé le Jour du Jugement." 


Nuit, lors de sa retraite spirituelle, il fut presque évanoui quand vint à passer, comme une fusée, tout près de lui, et en direction de Nimzatt , la maison de Dieu.


Après avoir eu connaissance de tout ce qui vient d'être relaté sur Cheikh Saad Bouh, il convient de reconnaître qu'il a été un personnage au pouvoir mystique et charismatique exceptionnel. Et force est d'admettre qu'il est, comme il l'a dit, un mystère issu des mystères divins. Et dire que son père Cheikh Mouhammad Fadel veut s'octroyer le mystère ; Saad en l'appelant « mon bonheur ». Ce qui est sûr c'est que Cheikh Saad Bouh est un bonheur pour toute l'humanité comme l'attestent plusieurs témoignages de ses contemporains reproduits ci-après. Etant assurément dans l'impossibilité de percer ce mystère Saad Bouh, je m'astreins à lever ma plume comme l'ont fait tant d'autres qui, avant moi, ont trempé leur plume dans cet océan.


Le prophète Mouhammad (PSL) ne nous a-t-il pas dit de ne pas méditer sur l'Essence divine, mais plutôt sur les Qualités et la Grace divines ? 
Le Témoignage de ses contemporains 
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Il est nécessaire, avant de conclure, de reproduire les témoignages dont a été l'objet Cheikh Saad Bouh et ensuite quelques hommages qu'il a tenu à faire à l'endroit de certains de ses plus illustres contemporains.


A Cheikh Sidiya Baba que beaucoup de personnes mal intentionnées ont essayé de mettre en mal avec lui, Cheikh Saad Bouh a dit :

"....Tes prières sont si bien prises en considération par Dieu. 
Que si tu lui demandes être chérif, il en sera ainsi. 
Auprès des saints, tu incarnes le bras droit
Tandis qu'eux se contentent du ras gauche..."

-Cheikh Sidiya lui dit en revanche :


"Dans le Maghreb (l'Ouest) tout le monde prétend être un « bonheur »
Mais tout « bonheur » à côté de toi, est amoindri, dominé,
Car, tu es le meilleur de tout les « bonheur ».
Et tu es assurément intérieurement et extérieurement un descendant de Mouhammad (PSL)".



Cheikh Ould Moutâli dit au Grand Cheikh :

"...Il y'a parmi nous un descendant de Mouhammad (PSL) 
Et il est la « fièvre jaune » de tous les saints.
Aussi préférai-je disparaître pendant qu'il est temps".
Et en effet, il rendit l'âme peu de temps après.

Cheikh Tourad Ould Cheikh Abbâs lui a ainsi rendu hommage :

"...Je viens vers toi comme disciple ;
De Saint-Louis, je suis comme guidé vers toi par le 
Parfum qui exhale de ton corps.
Je jure par Dieu qu'après Mouhammad (PSL), il n'y a pas de figure religieuse plus illustre que toi.
Dieu t'a comblé de toutes les faveurs dont Il a pourvu le Prophète (PSL)..."



Quant à Cheikh Akmal A, il dit ceci au Grand Maître :

"....A-t-on jamais vu dans le Maghreb
Un homme de Dieu de l'envergure de Cheikh Saad Bouh
Qui est assurément le « bonheur » de l'ensemble des « bonheurs » ?
Si vous voyez son égal, montrez-le-moi."



Cheikh Amrabi Rabou Ould Cheikh Ma el Aynine dit également de lui :

"Si tous les autres saints incarnent l'eau, tu es celle du Zem-Zem
Si tous les autres saints sont symbolisés par les étoiles, tu es pour eux l'étoile polaire
Qui dispense sa lumière, les éclaires jaillissant des quatre points cardinaux.
Si tout les saints sont symbolisés par les prières surérogatoires, tu es leur Witr.
Ainsi est mise en évidence la différence estre les Saints et toi.
Cette différence est la distance qui nous sépare du soleil, car tu es canal par où passent les bienfaits, les puissances, la grandeur, la miséricorde, la patience et la pitié.
Les mots me manquent pour te décrire.
Je suis obligé de me taire dans la mesure où il m'est impossible de dénombrer les grains de sable, les vagues et les gouttes de pluies."



Cheikh Mouhammad Taqi Allah Ould Mouhammad Fadel Ould Abaidi Ould Mamin fit ce témoignage: 

"Quand s'est éteinte l'une des plus illustres créatures, 
J'ai commencé à énumérer tous ceux qui ont pleuré.
Parmi ceux-ci, il y a tous les livres du savoir, la tablette et la plume sacrée.
Il y'a eu également le Sirr, tout l'univers et tous les actes de dévotion
ont pleuré aussi avec tout ce monde. Nimzatt, le roi des zones, tout le Sénégal.
Car ils venaient de perdre le saint des saints :
Le soleil qui illumine et surplombe tout ;
L'homme vertueux, le sceau de cette vie, le « bonheur » sublime d'ici-bas et de l'eau-délà.
Il s 'est engagé, vers lui, une course poursuite.
Ne soyez pas les derniers, du moment que je l'ai présenté."



-Cheikh Saad Bouh rendit cet hommage à Cheikh Amadou Bamba: 

"Le siècle avait juré de produire son pareil.
Ö siècle ! Tu n'as pas respecté ton contrat, expie donc !
En trésor de minerai caché dans une conque dont le traitement devait être assuré par les blancs 
A disparu en mer sous forme de lune,
Puis réapparu en un soleil éclatant au point qu'on ne put le cacher.
Les épreuves subies en ont fait un rubis incomparable 
O ! Voici une porte merveilleuse de la conversion ! 
Chaque disciple qui vient auprès d'elle.
Et qui se conforme à ses recommandations à sa portée tous les bienfaits.
Félicitation pour la religion dont il est la joie et l'orgueil..." 

- Khâdimou Rassoul a ainsi répondu :

"Je réponds à celui qui, avant d'être de ce monde, fut une lumière
Qui éclaire tous les temps ;
Salut au maître des maîtres, au pouvoir spirituel inaccessible.
Et qui est le « bonheur » sublime ;
Qui procure le « bonheur » aux éloignés comme aux proches ?
O maître, prend acte de ma considération à l'égard de tes pères consanguins dont tu es le dépositaire spirituel incontesté."



Voici ce qu'El Hadji Malick Sy dit du Grand Maitre :

"Estime et amour pour toi constituent les mobiles de mon salut.
Tu es guide éclairé de notre époque, de tes contemporains ;
Ne cesse point de m'abreuver de tes sources spirituelles
Car tu es d'une spiritualité si élevée qu'aucun élu ne peut l'atteindre
Baignera dans le bonheur celui qui vous admire, vous « descendant » de l'Apôtre 
Et s'éterniseront dans l'amertume, vos ennemies."

Et la réponse de celui-ci :

"Je m'adresse à celui qui dans le domaine du savoir dépasse tous ses contemporains.
Les âmes se réjouissent du savoir qui sort de ta bouche 
Ta présence d'esprit et ton calme ont suscité en moi, estime et considération 
Dont la résultante constitue les grâces que t'as accordées le Tout Puissant Qui est le garant.
La pédagogie dont tu fais montre est la meilleure :
Ainsi que le Wird que tu utilises.
Ton savoir dépasse assurément les deux étoiles de la 7ème couche céleste.
Et tout savant qui se mesure à toi perdra son prestige.
Cependant, si les chérifs constituent des merveilles et que je suis issu de Mouhammad (PSL), je suis donc incomparable."

Cheikh Mouhammad El Fouty Ly a ainsi rendu hommage à son maitre :

"O tombeau qui renfermes ce puits (de science), cette célébrité,
J'ai nommé notre Cheikh Saad bouh, le rubis des savants
Il y'a en toi, grâce au Maitre du trône, notre Créateur, une mer immense débordante et gonflée de pluies continuelles.
Il y'a en toi du savoir, de la piété ; une immense faveur qui fait oublier les hommes de prodige.
Il y'a en toi un descendant de l'Apôtre de Dieu, le mond a hérité, un bonheur, père de nos plus grands maitres.
Il y'a en toi une lumière de la pleine lune, une générosité de la mer ;
Qu'il est considérable ce maitre des pieux !
Il a remis à jour la voie des élus divins lorsque les traces en étaient effacées, donc il a ressuscité des os déjà réduits en poussière.
Il a dissipé l'esprit de rébellion contre Dieu, banni la sottise quand elle devenait monnaie courante, il a repoussé loin de nous l'injustice et les Ténéré..."

Le présent ouvrage se veut une modeste contribution visant à aider les talibés a mieux connaître la Tariqa et de ses origines. Il peut être également pour les personnes étrangères à l'ordre un moyen d'apprécier les faveurs de l'Islam qui se manifestent dans ses différentes voies, au nombre de 360.


La Khadriya en est la genèse, le soubassement, l'archétype. Cette voie est plutôt soucieuse de l'unité que de la scission qu'elle combattit d'ailleurs ardemment selon les prescriptions coraniques où elle prend racine. N'est-il pas dit dans le Coran que « les croyants ne sont que des frères. Etablissez la concorde entre vous et craignez Allah afin qu'on vous fasse miséricorde » !
C'est là le message le plus adéquat de mettre en exergue la grandeur divine, sa magnificence qui se traduit par l'envoi parmi nous, de personnages comme Cheikh Saad Bouh et ses pairs 
La Généalogie de Cheikh Saad Bouh 
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L'arbre généalogique présenté par Cheikh Saad Bouh et son père fait qu'ils s'attribuent la qualité de chérifs. Et comme Mouhammad (PSL) a eu des difficultés pour faire admettre son rattachement à Abraham, il a été vivement contesté par la plupart des tribus maraboutiques qui disent que les Ehel Taleb Mokhtar sont des Zénéga, tribu maure dont le rang social est des plus bas. Et comme il a été noté, Cheikh Saad Bouh a eu à souffrir des calomnies dont il a été l'ojet, notamment de la part des Kounti. Il en est même arrivé à jurer sur le Coran que le sang du Prophète (PSL) coulait dans ses veines et qu'en conséquence le temps le départagerait d'avec ses détracteurs.


Peut-on dire qu'aujourd'hui ses descendants en souffrent ?

Dans l'arbre généalogique en question, les Ehel Mokhtar se rattachent au Prophète par Idriss El Askhar (Idriss) et Idriss El Akbar (IdrissII).



Voyons tout d'abord succinctement comment s'est opéré ce rattachement.


Tout est parti de l'expansion de l'Islam. Cette extension vers l'Egypte et les provinces de l'Afrique eut lieu sous la règne du Khalife Othman vers l'an 27 de l'hégire, par le Gouvernement Abdallah Ibn Abou Sarah. L'assassinat d'Othman puis de celui d'Ali ne firent que raviver les guerres fratricides entre les Omeyyades, les Abbassides et les Shiites.


Au temps des Abbassides, Abou Djafar Mansour qui succéda à son frère Aboul Abbâs Saffah en l'an 136 de l'Hégire comme émir de l'empire musulman, règna pendant 22 ans. C'est au ours de e règne que les descendants d'Ali et de Fatima (fille de Mouhammad (PSL)), Adallah fils de Hassan, puis ses descendants Mouhammad, Yakhya et Idriss, tentèrent de reprendre le pouvoir temporel pour venger la famille de Houssein anéantie à Karballa. Seul son fils Ali Zein El Abidine échappa au carnage. En réalité Mansour et ses descendants (Mahdi et Hadi), en dépit de quelques velléités testamentaires, n'ont jamais voulu départir de leur règne. Quand Hadi vint au pouvoir, Yakhya et son frère Idriss qui, à Médine, avaient pris part à l'insurrection de leur cousin Hossein, se sauvèrent lorsque mourut ce dernier. Idriss El Askhar se refuge à Tanger, au Maroc, où il fut ensuite adopté par les autochtones qui reconnaissent en lui un souverain en tant qu'illustre descendant du Prophète (PSL). Idriss achètera ensuite à 6000 dinars, le riche et fertile domaine du Maroc qui est jusqu'à nos jour gouverné par ses descendants. Cependant, Hadi, n'ayant pas renoncé à faire mourir Moulaye Idriss qu'il savait d'une forte et ambitieuse personnalité, le fit empoisonner par un espion nommé Schammakh. Son fils Idriss ElAkbar (IdrissII) ayant voulu se conformer à la prière de son ancêtre Mouhammad (PSL) – souhait devoir ses descendants s'adonner à l'exercice du pouvoir temporel, s'isola dans le désert. C'est au cours de cette période de dévotion que Dieu lui ouvrit la porte de l'Ouest. (le globe étant réparti, à partir de la Mecque, en quatre zones géographiques : Est, Ouest Nord et le Sud). C'est lui (Idriss II qui a engendré les chérifs du désert : Cheikh Taleb Khiar, Cheikh Mamin, Cheikh Mouhammad Fadel, Cheikh Saad Bouh, etc. c'est fort de cette qualité chérifienne que Cheikh Ma El Aynine Ould Cheikh Mouhammad Fadel, tel qu'il a été déjà signalé, s'était posé en légitime héritier de la dynastie Idrisside.

Et voici l'arbre généalogique de Cheikh Saad Bouh :

Saad Bouh, 

Mouhammad Fadel, 

Mamin, 

Taleb Khiar, 

Taleb Mouhammad, 

Tale Dieh El Moktar, 

Taleb Habi, 

Taleb Ely, 

Sidy Mouhammad, 

Sidy Yakhya, 

Sidy Aly,

Chams Dinn,

Yakhya Kabir El Khalkhami, 

Sidy Oumar, 

Sidy Ousmane, 

Moulaye Abou bakr, 

Sidy Yakhya,

Moulaye Abderrakhmane, 

Haroun, 

Moulaye Atlan, 

Moulaye Adjmalane I,

Moulaye Ismael, 

Moulaye Abdou Wahâb, 

Moulaye Youssouf, 

Moulaye Oumar,

Moulaye Yakhya, 

Moulaye Abdallahel,

Moulaye Akmad,

Idriss El Askhar,

Idriss El Akbar, 

Sidy Abdallah El Kamil, 

Hassan Al Mousura II,

Hassan fils d'Ali et Fatimata Zahra, fille de Mouhammad (PSL).
La Voie de Cheikh Saad Bouh 
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Dans son ouvrage intitulé " Inal Nôral Yakhîni silsilati", le Grand Maître y dit : « Gloire à mon Seigneur Qui, dans Sa droiture, m'a guidé dans l'Islam et la voie de Abdel Khadr Djeylani ». (1050-1141 de l'ère chrétienne). 

Cette assertion semble paradoxale, surtout de la part de quelqu'un comme Cheikh Saad Bouh qui, comme son père, Cheikh Mouhammad Fadel, distribuait tout les Wird. Il est reproduit ci-après, avant d'essayer d'en donner les raisons, la chaîne mystique ou de transmission dont de se réclame Cheikh Saad Bouh. 

Le Prophète Mouhammad (PSL), Ali Hassan, Hassan Al Basri, Mahrouf Karakhi , Junaydi, Ash Shibbi, Chenbaki, Adoul Ouafi dit Tadj El Arifin (le diadème des savants), Abdel Khadr Djieylani, Ibn Haita, Sahare Wardi, Ibn Arabi, Abdou Salam Ben Mehchich, Imam Chdeli, Abdoul Abbâs Morsi, Ibn Ata-Allah dit Wali, Imam Bdjili, Mouhammad Alioune Ibn Oufa Oqat,Hadramé, Zerrouk, Sidy Yakhya, Sakhir, Taleb Habib, Taleb Dieh Mokhtar, Taleb Mouhammad, Tale Khiar, Mamin, Mouhammad Fadel, Saad Bouh.

Essayons maintenant de disserter sur les raisons qui ont conduit Cheikh Saad Bouh à tenir les propos précités sur la « voie » d'Abdel Khadr Djieylani. 

Amadou Hampaté Ba dans son livre intitulé « Le Sage de Bandiagara » l' a ainsi esquissée : " ... Abdel Khadr Djeylani était l'aboutissement d'une chaîne de transmission qui passait par de très grands sounis tels Ash Shibbi, le Grand Junaydi, tous les saints imams (descendants du Prophète (PSL) par Ali et Fatima), Ali et, à travers ce dernier, le Prophète (PSL) lui-même. Par une branche se ramifient à partir de l'imam Djafar Sâdiq, il était relié au célèbre Saint Abou Yasid Al Bistami et, par un autre à l'un des premiers soufis : Hassan al-Basri".

L'imam Junaydi, compte tenu de son envergure spirituelle, a été le premier soufi à vouloir extérioriser la « voie » mais c'est avec Abdel Khadr Djeylani qu'elle l'a été véritablement, tant il avait marqué son époque. D'où l'appellation de la « voie » qui porte son nom mais qui n'est pas sienne, en réalité. C'est pour cette raison que Cheikh Saad Bouh en dit que c'est une sunna du Prophète (PSL). 



Abdel Khadr Djeylani, chérif de descendance et assurément le plus célèbre saint de l'Islam dont la venue a été annoncée par le Grand Veis Qarni qui, sur la demande du Prophète (PSL), avait prié pour la Ummah, la communauté islamique.

Au cours de cette prière, il avait été interrompu par Oumar et Ali qui étaient dépêchés de lui et qui voulaient s'assurer, par curiosité, comment le saint homme s'y prenait. Celui-ci dit alors que Dieu allait exaucer toutes ses prières, mais que l'interruption qu'ils avaient causée avait pénalisé le quart des fidèles.

Avant de se séparer, Veis Qarni leur fit cette déclaration : « 470 ans plus tard, un chérif – descendant du Prophète (PSL) appelé Abdel Khadr, viendra faire l'interscession pour entériner mes prières afin que la portion qui reste de la communauté soit gratifié ». A la mort de ce dernier, son cercueil ne pouvant être déplacé d'un millimètre, on a demandé à un grand saint de l'époque de faire une retraite spirituelle afin d'en saisir les raisons. Il vit dans cette retraite Abdel Khadr qui lui dit : « J'avais demandé à quatre érudits de prier avec moi pour que le Tout-Puissant pardonne à la communauté musulmane. Ce qu'ils ont fait, mais moi je l'avais oublié. Je ne me suis rappelé cette prière qu'à ma mort. Aussi suis-je entrain de la faire auprès du Seigneur. Retourne auprès des tiens. Si le cercueil arrive à bouger c'est que Dieu a exaucé la prière ».

C'est cet état de fait qui a été à l'origine de la légende sur les deux tombeaux de Djeylani à Baghdad. C'est, me semble-t-il, ce qui aurai fait dire à Cheikh Saad Bouh, que le début de l'Islam est marqué par la venue de Mouhammad (PSL), le milieu, par la venue de Djeylani et la fin, par la famille de Cheikh Mouhammad Fadel.

Toujours à propos de cette venue de Abdel Khadr, voilà ce qu'en dit Naby dans son ouvrage intitulé " la vie d'un très grand saint de l'islam : Abdel Khadr Djeylani" à l'avant propos (p. 8) : Ibn Al Arabi dans son Futuhât Al Makkiyah écrivit (pages 91-92) que dans un verset coranique (sourate VI, 18) il est dit : « Il est le Puissant, fut révélé le don de puissant qui suivra et qui devait être dévolue à Abdel Khadr Djeylani ; après la prédication de l'âptre Mouhammad (PSL) 

A ce sujet Abdel Khadr a lui-même dit dans son ouvrage intitulé "Alhâ idoul djawâhiri" (collier en diamant) que la Prophète Mouhammad (PSL) avait prédit que son Khalife (Abdel Khadr) viendrait 470 ans après lui et qu'il le serait jusqu'au jour Dernier.

Savant de premier ordre, Abdel khadr Djeylani était estimé et écouté des musulmmans alors divisés (Sunnites, Shiites, Ismaéliens), des Chretiens et des Juifs. Ainsi, il fut un élément de stabilisation sociale et religieuse. Il enseignait dans l'école de Baghdad, alors la plus célèbre du monde islamique, treize disciplines. Alioune Ould Adama précise dans son livre dédié à Cheikh Sidy Mouhammad, déjà cité, que Djeylani enseignait chaque jour une leçon sur la signification du Coran qu'il savait lire sous toutes ses formes. Il répondait ensuite aux questions qu'on lui posait sur les rites malikite, Chafiite et Hanbalite. 

Tous les grands de l'époque étaient unanimes pour reconnaître en Abdel Khadr le sultan des saints et le Cheikh de toutes les turuq (voies, confréries). Cheikh Ma El Aynine Oudl Cheikh Mouhammad Fadel dit dans son ouvrage intitulé "Nakhatoul bidâyât" que Djeylani distribuait officiellement plus de 40 Wird.

Seulement, il avait un penchant particilier pour celui qui allait ensuite porter son nom et qui est assurèment la voie la plus répandue dans le monde bien qu'elle soit vieille de 900 ans environ. C'est donc en connaissance de cause que Cheikh Ahmadou Bamba dit de Abdel Khadr qu'il est le sommet de la gnose et qu'en outre, dans Les bienfaits du durable écrit par son fils Mouhammad Bachir Mbacké (page 160-161), il y dit dans sa profession de foi que, même en créant le mouridisme, il optera pour la voie du noble (Abdel Khadr), voie qui empêche tout égarement.

Cheikh Saad Bouh dit également que : « toute voie qui mène à Dieu est bonne mais celle de Djeylani suffit dès l'instant qu'on opte pour elle seule ». Cependant, ajoute-t-il, « l'on n'atteint point la plénitude divine si l'on passe par une voie autre que la Khadriya ». Est –il nécessaire de rappeler que la plupart des grands de l'Islam sont passés par cette voie ? c'est certainement pour cette raison que Alphonse gouille dans son ouvrage intitulé "L'Islam dans l'Afrique Occidentale Fançaise", dit de Abdel Khadr : « les bases sur les quelles il fonda son ordre ont servi de modèle ; il n'est pas exagéré de dire que les confréries musulmanes se sont toutes plus ou moins inspirées de l'organisation qu'il a disposée et des principes qu'il a établis ».

Qu'a donc de particulier la « voie » de Abdel Khadr au point d'être la « mère » de toutes les turuq ? 

Cheikh Saad Bouh en dit, qu'indépendamment du fait qu'elle soit une sunna du Prophète (PSL). Son fondement la shahâda (lâ illâha ill'Allâh). Elle est subordonnée à une seule véritable condition : la crainte de Dieu qui résume tout l'Islam. C'est cette « voie » que Cheikh Mouhammad Fadel a eu l'infime honneur de retoucher en 1830 en y ajoutant, la pratique de la litanie (dhikr) du Wird à haute voie que Cheikh Saad Bouh, à l'instar de ses frères, a eu à diffuser au niveau de l'Afrique Occidentale avec toutes les difficultés y aférant.

Cheikh Tourad Ould Abbâs, le témoin des saints, dépeint cette « voie » comme une chambre dont il dit que le Prophète Mouhammad (PSL) est le fondement, Ali, le parquet, Mahrouf Karakhi, la terrasse et les quatre piliers sont successivement constitués par Junaydi, Abdel Khadr, Cheikh Mouhammad Fadel et Cheikh Saad Bouh. Ce n'est pas surprenant que Cheikh Saad Bouh ait dit qu'il est l'Héritier de Abdel Khadr qui est le poumon d'une « voie » remontant jusqu'au Prophète (PSL). 

Venons-en maintenant au rituel de cette « voie ».

A l'instar des autres voies, elle s'articule autour des invocations : Astakhfiroulâh, lâ illâha ill Allâh et Salatou alâ nabi (prière sur l'Envoyé). Mais ce qui différencie fondamentalement la « voie » Khadriya des autres, c'est la première invocation : Hasbounalah Wa nikhmal wa kîlou que tous les musulmans doivent réciter le jour de l'an musulman (al achoura). 

L'affiliation à cette « voie » implique généralement de la part de l'adepte, la pratique, immédiatement après chacune des cinq prières canoniques, de ce wird, réitérant et consolidant ainsi son attachement, sa soumission à Dieu et à Son Envoyé :



Bismillâhi rahmâni rahîmi : (De par le nom de Dieu, tout Miséricordieux, tout Compatissant). 
200 fois Hasbounalah Wa nikhmal wa kîlou (Dieu nous suffit, quell exellent garant!). 
200 fois Astakhfiroulâh (je demande pardon à Dieu) 
100 fois lâ illâha ill Allâh mâlikoul hakoul moubîn (il n'y a pas d'autre divinité que Dieu ; Le Roi, le Droit, l'Evident). 
100 fois Allâhouma salli alâ saydinâ ouhammad wa alâ âlihî wa sahbihî wa sallim (O Dieu ! Répands Tes grâces et Ta paix sur le Seigneur Mouhammad (PSL), sa famille et ses compagnons). 
A ces litanies sont ajoutées, et selon les ramifications, des invocations et prières surérogatoires, des azims et des prières génuflèes de jour et de nuit.=>
Une partie des écrits de Cheikh Saad Bouh 
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Khatibou layhi :voir p. 82. 
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Alalsounatoul nafisatou fi radi li bayhatil hadisati : voir p. 83.
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Murchidoul ashane ala takhssili tubil abdane :voir p.82.
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Nazmou Safare : il y établit le programme de son voyage.
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Rouwyatou wam mahiyatou : il y peche , à partir .de rêves devenus réalités, l'entebte avec la voisinage 
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Nouzhatoulilbayti fi djawabi ahli boun Mouhamad lakhbib : il y met en evidence la joie qu ils ont ressentie après la (comparution ) qu ils ont subie devant Mouhamad Lakhbib. 
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Tawbou chamikh fi salati fi awali wakhati wa takhbili aydil macha ikh : ily met en évidence, d' une part,les bienfaits inestimables qu'on se procure en priant a l'heure et, d'autre part, les raisons qui font qu'on baiser la main des maitre.
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Al Kaw Kabou az zahibou : Priere sur le Prophete (PSL), symbolisée par une brillante étoile.
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Zahroul ukam : priére sur le Prophéte (PSL), symbolisée par une herbe a l' etat de floraison .
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Tadjou salawat :mise en evidence également des bienfaits de le priére sur le Prophéte (PSL) .
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Rawdatoulc wourad wa moushatoul zouhad wa hibad : mise en evidence des privilèges dont jouissent ceux qui détournent de tout au profit des lieu de culte.
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Al hidjeratoul wa jihabou : recit sur l'hégire et la guerre sainte.
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Ajwabazou Boun hanbal : voir p.166-167note 84.
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Silahoul maharik jawabi Moulaye Mbarirck : voir p. 85.
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Rissâlatou wadkhi choubâne ane moukhâlatti nissewâne : note de recommandations aux garçons pour éviter d'être ensemble avec les filles. 
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Mouldiam al koufar bilmouhridi lanâfi dhikri : mise en évidence des vives réactions manifestées par certains gens contre les dhikr.
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Soulamoul khilâss lilmoutakhalikhi bissôratil likhlâss : mise en évidence des degrès de pureté observée par ceux qui soumettent leur foi à la Sourate de la foi pure.
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Nôrou sirâti fi ilmili tasawwufi : voir p. 84
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Manbahoul irtidjâl : voir p.85 
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Al khawâtimou : voir p. 84
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Nibressoul makhamidh min asmâ illâhil houssnâ : découvertes des secrets relatifs aux plus beaux noms de Dieu. 
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Nafkhoul khamîm fi barakati bismillâhi rahmâni rakhîmi : mise en évidence des bienfaits de la basmala
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Takhdjîsou bourkhâne fi alati chami woudoukhâne. Voir p . 85
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Rikhlatou : tout sur son « exode » ( sa vie) .
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Inanoroul yakhini silsilati : mise en evidence de sa chaine mystique de transmission .
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Yawmal makhami fi sara : axé sur la vie dans le tombeau (balsaq).
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Aladios : voir p. 84 .
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Anal fouwada : axé sur la nostalgie qu'éprouvait Cheikh Saad Bouh vis- a –vis du Prophéte (PSL) , au point qu' il n'a pu retenir ses larmes. Voir p ???.
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Inal mourada :p.83. 

Institution du pélérinage à Nimzatt 
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Toutes ces prières de Cheikh Saad Bouh :



"Seigneur ! je te demande pour la vertu que tu as pour la plume sacré , les anges Gabriel, Mikail et Asrafil ,
D'être Miséricordieux et d'accorder ta grâce a la race « Adiam ».
Dirige –moi sur le droit chemin.
Et fait que mon tombeau soit comme ton illustre maison (la Kaaba).
En y exauçant la prière de toutes les créatures.
O Seigneur ! Répands la paix sur le chemin de Nimzatt et facilite son accès au moyen de transports, à mes fils et disciplines et à tout le monde...."163





Donc, le grand maître savait depuis longtemps que la terre sainte de Nimzatt serait un lieu de pélerinage, le premier du genre a eu lieu en en 1942, mais comment en est-on venu là ?


Tout est parti des années 1940 (23 ans après la disparition de Cheikh Saad Bouh) quand, un beau jour, Cheikh Moussa Mbaye 164 du quartier de Guet-Ndar à Saint-Louis, alors âgé de 27 ans, se promenait à Dakar en compagnie d'un jeune cherif, Saad Bouh Ould Abdati qui habitait la ville de Mbour , chemin faisant, Saad Bouh l'invita à entré dans une maison du quartier de la Médina d'où fusait un bruit assourdissant du à la répétition de quelques musiciens.

Surpris par cette décision, Cheikh Moussa fit remarquer au chérif que ce milieu n'etait pas décent pour eux. Le jeune Saad Bouh, en insistant, lui rétorqua qu'il allait avoir un adepte dans cette maison.En effet, dès qu'ils entrèrent dans la maison, un jeune homme nommé Moustapha Gueye (un ancien douanier devenu musicien s'adonnant aux tentations qu'engendre généralement ce métier) se détacha du groupe de musiciens et s'inclina, en guise de soumission, devant Saad Bouh qui, en lui tendant la main, lui dit : « tu t'es soumis à moi mais en réalité tu es le talibé de ton oncle Cheikh Amdal Mamoune Ould Cheikh Atkhâna Ould Cheikh Saad Bouh ».



C'est ce nouveau talibé, Moustapha Gueye qui, complètement « métamorphosé », se présenta en 1942 au village des pécheurs de Cayar, auprès de Cheikh Moussa Mbaye, venu pêcher dans cette localité. Moustapha le mit au courant des démarches qu'il avait entreprises avec les nommés Mambaye Sow, Ablaye Sene et Cheikh Yaye Touty Samb, tous de la région de Dakar, pour se rendre en pélerinage à Nimzatt. Bien que sceptique sur ce « voyage » à l'aventure, Cheikh Moussa accepte de partir avec eux, en plus de quelques talibés Khadrya. Un camion T 45 qu'un Libanais de Dakar leur avait loué à 20 000 Frs, leur servait de moyen de transport. Et avisés des difficultés d'accès à Nimzatt, ils partirent une semaine avant la fin du mois de Ramadan. En dépit de toutes les précautions prises par les pèlerins (pelles et autres matériels), ils mirent trois jour pour couvrir la distance entre Djedîda (4 Km à l'est de ce village) et Nimzatt (soit 50 Km environ).

Ce n'est que l'année suivante (1943) que les disciples de Mbour, Sébikotane, Mbao, Ngoumba et Saint-Louis réunis autour de Cheikh Diouga Gaye, Maissa Gaye, Amadou Ndiaye Gora et Omar Diop Mayel, se joignirent à ceux de Dakar pour accomplir le second pèlerinage avec sept camions. Ainsi fut institué, depuis le Sénégal, le pèlerinage annuel de Nimzatt qui, en dépit de l'éloignement et des fatigues qu'il engendre, reçoit de plus en plus de pèlerins venus principalement de ce pays.

Toutefois, il convient de préciser que le pèlerinage de Nimzatt n'a été officiellement décrété qu'en 1949 grâce à El Hadj Cheikh Sarr, disciple de Cheikh Taleb Bouya, à Dakar, qui l'a négocié auprès des autorités coloniales qui assurèrent l'escorte aux pèlerins.



Et pourquoi les pèlerins ont-ils choisi le mois de Ramadan et précisément à la fin de ce mois ?


Il n'y a nul doute qu'ils se sont référés à la deuxième prière du grand Maître citée ci-dessus et dont voici la suite :

"O seigneur ! Bénis ce mois sacré qu'est le Ramadan 
Fais que, durant ce mois, nos intentions et actes soient également bénis et fructueux
Que nos grâces y soient accrues d'année en année."

Ce qu'il faut retenir par cette prière extraite de Tawassul, c'est que Cheikh Saad Bouh, à l'instar de son ancêtre. 

Mouhammad (PSL) à qui Dieu a accordé toutes sortes de grâce parmi les quelles le rassemblement des musulmans à Médine et à la Mecque lors de la Tabaski, a sollicité de son créateur qu'il lui réserve, pour sa part, le jour de la Korité.=>
Cheikh Sidy Bouya Ould Cheikhna Cheikh Saad Bouh dit Cheikhal Khalifa 
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Premier Khalife (1917-1919) 

Cheikh Sidy Bouya dit Cheikhal Khalifa : officiellement désigné par son père Cheikh Saad Bouh comme khalife, il en fut investi dès le décès de celui-ci en 1917. Cheikh Sidya Bouya était considéré par les français comme quelqu'un dépourvu de personnalité au point de prévoir la dislocation de la famille du Grand maître après la mort de ce dernier. Mais la forte personnalité qui lui sera connue plus tard au grand dam des forces coloniales, fit oublier son père. 


Cheikh Bamba dit de Cheikh Sidy Bouya qu'il est des descendants de Mouhammed (PSL), celui qui lui ressemble le plus ; ce qui prouve que Quadimu Rassul connaissait bien le Prophète (PSL), Cheikh Sidy Bouya était caracterisé par la particularité de dominer de la taille quiconque se place devant lui.


Il mourut malheureusement assez jeune, à l'age de 45 ans, moins de deux an après son père. C'est alors que son entourage comprit pourquoi Cheikh Saad Bouh disait que, du point de vue degré spirituel, il était du même niveau que Cheikh Sidya Bouya.=>
Cheikh Sidaty El Kebir Ould Cheikhna Cheikh Saad Bouh 
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Deuxième Khalife (1919-1931) 

Cheikh Sidaty El Kebir Ould Cheikh Saad Bouh : c'est Cheikh Atkhama, frère cadet du Khalifa qui devait lui succéder mais il préféra décliner cette distinction dont fut investi son frère cadet Cheikh Sidaty qui restera au pouvoir pendant 13 ans.


Lorsque Sidaty naquit en 1878, on l'amena auprès de son père qui était en ce moment en retraite spirituelle. Le bébé restera avec lui quarante jours durant lesquels il ne tétait que le doigt de son père qui dit ensuite de son fils : « Ne vous affligez point pour lui, bien qu'il soit d'une extrême nervosité. Je l'ai purifié au point que son cœur est aussi limpide que l'eau de source.


Cheikh Sidaty sera d'une autorité telle que les français l'avaient surnommé « l'empereur ». Au cours de son khalifat, aucun membre de sa famille n'osait quitter Nimzatt sans son consentement. Il a, en outre, tenu la dragée haute face à quelques tribus avoisinantes qui tenaient toujours à chasser de l'Iguidi les descendants de Cheikh Saad Bouh dont elles voulaient même exhumer son corps. 

C'est pour contrecarrer ce dessein que Cheikh Sidaty acheta aux français le domaine de Nimzatt, sur 4 km², pour en faire un titre foncier. C'est également pendant son khalifat que furent construites à Nimzatt, les premières maisons en dur
Cheikh Talibouyya Ould Cheikhna Cheikh Saad Bou 
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Troisième Khalife (1931-1964) 

Cheikh Taleb Bouya Ould Cheikh Saad Bouh: Il succéda à son frère Cheikh Sidaty. 

Cheikh Saad Bouh dit de lui, devant tous ses frères réunis, qu'il était son ami dans les deux vies. Ce jour là, Cheikh Sidy Bouya, très satisfait de cette annonce, sauta sur Cheikh Taleb Bouya pour l'embrasser. Estimé de tous, Cheikh Taleb Bouya était surnommé le "khalife doux".


C'est durant son khalifat que fut instaurée la paix avec les plus belliqueuses des tribus voisines devenues, comme l'avait dit Cheikh Saad Bouh, les adeptes de sa famille et que fut institué le pèlerinage de Nimzatt.


Cheikh Taleb Bouya mourut en 1964, à l'age de 83 ans, après près de 33 ans de khalifat => 
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Cheikh Sidaty Ould Cheikh Talibouyya 
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Quatrième Khalife (1964-1987) 

Cheikh Sidaty Ould Cheikh Taleb Bouya : fils aîné de Cheikh Taleb Bouya, Sidaty naquit d'une mauresque noire à Ndiago, il y a 92 ans. Il a été le premier petit-fils noir de Cheikh Saad Bouh.

"Le vieil Agazaye que j'avais rencontré à Nimzatt avant sa mort survenue en 1985, était certainement le disciple de Cheikh Saad Bouh le plus âgé."


Voilà ce qu'il dit à propos de Sidaty : 

« Après sa naissance son père Cheikh Taleb Bouya l'a amené à Nimzatt et c'est moi qui l'a porté dans mes bras jusqu'auprès de Cheikh Saad Bouh. Quand le Grand Maître le prit dans ses bras, il le dirigea vers l'Est puit le mit sous son boubou, du matin jusqu'au début de l'après midi. Quand il libéra, il me dit qu'il avait remis Sidaty entre les mains de Cheikh Mouhammad Fadel qui l'avait, à son tour, émis à Mouhammad (PSL) ; et qu'en conséquence, il le nommait le "Khawsu noir" ».


C'est sous le Khalifat de ce "Khawsu noir" qu'ont été construits la mosquée (inaugurée en 1978) et le forage de Nimzatt (opérationnel depuis 1981). 

C'est également au cours de son khalifat que fut construit dans le hod, le mausolée de Cheikh Mouhammad Fadel (de 1977 à 1979) et que fut améliorée la piste principale (couche latéritique) de la ville sainte.


C'est également Cheikh Sidaty qui mit sur pied, en mars 1987, quatre mois avant sa mort, le Conseil Supérieur des Talibés Khadriyas dont il confia la direction à Cheikh Ousmane Diagne de Dakar. 

En le créant, il exhorta les talibés à s'unir à l'image des cinq doigts de la main. Cette structure se charge de la coordination, de la réflexion et de la recherche au plan africain.


C'est en souvenir de cet imminent guide religieux que la Mairie de Dakar baptisa l'ancienne avenue « Niari talli » allées Cheikh Sidaty 
Cheikh Mouhamed Malhayni Ould Cheikh Talibouyya 
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Cinquième Khalife (1987-1991) 

Cheikh Ma El Aynine qui succéda à son frère aîné Cheikh Sidaty par respect pour le testament de ce dernier. 

En effet, n'eût été ce document écrit en deux exemplaires (l'un remis à son neveu et homonyme Sidaty Ould Cheikh Ma El Aynine et l'autre à l'épouse du défunt khalife), Cheikh Ma El Aynine aurait préféré ce qu'il affectionnait le plus dans ce bas monde : la dévotion pour Dieu et l'errance en brousse avec ses animaux, à la recherche des pâturages.


C'est durant son khalifat que furent intensifiés les maraîchages et le reboisement de la ville sainte et qu'éclata également l'incident entre les peuples sénégalais et mauritaniens en 1989. Ces regrettables incidents permettront cependant à la plupart des disciples khadriya de mesurer la portée du poème que Cheikh Saad Bouh avait écrit sur le village de Ngouma et de s'y rendre à l'occasion de la Korité.


En outre, avant le rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays, les frontières furent exceptionnellement ouvertes pour que les talibés puissent se rendre à Nimzatt, au pèlerinage annuel. Elles le seront de nouveau lors de son décès, afin que les personnes puissent aller se recueillir sur sa tombe et présenter leurs condoléances aux chérifs.

Depuis ce pèlerinage, le gouvernement mauritanien assure gratuitement le transport des pèlerins (Tiguent-Nimzatt-Tiguent) avec des camions tout- terrain lors de la Ziarra annuelle.


Quand Cheikh Ma El Aynine rendit l'âme en 1991, à la surprise générale, le sol refusa partout de recouvrir sa dépouille mortelle, exception faîte du mausolée de Cheikh Saad Bouh. On l'enterra dans un trou de souris, entre le mur de la battisse et son père Cheikh Taleb Bouya.=> 
Cheikhna Toufay Ould Cheikh Talibouyya 



Sixième Khalife (1991-1997) 

Cheikh Saad Bouh dit Cheikhna Toufaye, succéda à son frère aîné Cheikh Ma El Aynine en 1991. Il ne sera réellement intronisé qu lors de la korité de 1996 sous l'égide de Cheikh Amdal Mahmoune, le plus âgé des chérifs, en présence de toutes les familles descendantes de Cheikh Saad Bouh. En en jour béni au cours duquel retentit, avant la prière d'El fitr, la tabala dont Cheikh Saad Bouh avait hérité de son père Mohammad Fadel, une femme Chérif jura que le prophète (PSL) et Cheikh Saad Bouh étaient apparus ensemble à Nimjat. Ce jour-là marque en effet les retrouvailles entre toutes les familles chérifiennes qui revendiquaient le khalifat lorsque Cheikh Ma El Aynine était au pouvoir. Sans ces retrouvailles, Cheikhna Toufaye n'aurait probablement pas accepté de porter l' « amâma». (Turban) de Cheikh Saad Bouh qu'il détient actuellement.
Précisons que Cheikhna Toufaye, comme son grand-père Cheikh Saad Bouh, est né en même temps que sa jumelle dénommée Souadou. A ce titre, d'aucuns n'ont pas hésité à avancer que Cheikh Saad Bouh et sa jumelle Souadou s'étaient réincarnés
C'est durant le khalifat de Cheikh Toufaye, que le Sénégal et la Mauritanie ont rétabli leurs relations diplomatiques et que furent apportées d'évidentes et appréciables facilités qu' cours des pèlerinages de Nimzatt, qui se traduisent par la suppression des frais de bac, des taxes de stationnement et de contrôle des divises.
En autres actions, Cheikhna Toufaye a entrepris la réhabilitation du mausolée où se reposent son oncle paternel Cheikh Sidaty El Kebir (2éme khalife) et son rand frère Cheikh Sidaty (4éme khalife), mausolée que les dunes de sable avaient complètement envahi. Il a en outre, pris l'initiative d'inviter le président Abdou Diouf à venir à Nimjat au prochain pèlerinage et autorisé son neveu Atkhama Ould El walid à organiser en mars 1998 à Dakar, la conférence internationale sur le tariqa khadriya.
Enfin, c'est durant le khalifat de Cheikhna Toufaye que les véhicules tout terrain ont complètement supplanté les petits véhicules et dominés le sable e direction de la ville sainte au sous-sol immensément riche.
Cheikh Bounana Ould Cheikh Talibouyya 



Septième et actuel Khalife (1997-Présent) 

Que Dieu lui donne une longue vie et une santé de fer 

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# Posté le jeudi 14 août 2008 19:19 

la naissance d cheikhna cheikh saad bouh 





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Naissance et enfance de Saad Bouh 





Pour permettre de mieux saisir certains passages du contenu de ce site, il importe de retracer brièvement les évènements qui ont tout juste précédé la naissance de Saad bouh.


Cheikh Mouhammad Fadel avait adressé, vers 1849, une lettre à Ahmed Ould Abdi qui habitait le site géographique constituant l' actuel département de Boutilimit , lui demandant en mariage, sa fille Mariama . Ahmed Ould Abdi lui répondit négativement prétextant qu'il ne connaissait pas bien le Cheikh et qu'en outre, sa fille était trés jeune.


Peu de temps après, Ahmed Ould Abdi entreprit un voyage dans le Hod. Arrivé non loin d'un homme qu'il aperçut sur son passage, il lui sembla avoir entendu plusieurs personnes célébrant les louanges de Dieu. Quand il fut près de cet homme, il se rendit compte qu'il était bien seul dans la pratique du dhikrou-lah (invocation du nom d'Allah). Bien que surpris, Ahmed ne lui demanda qu'un renseignement : « où se trouve la ville plus proche ? » Il continua son chemin dés que l'étrange homme lui indiqua la direction de la ville en question . Mais aussitôt après, le dhikr collectif reprit. En se retournant , le père de Mariama se rendit compte que dans son invocation, l'inconnu était accompagné par tous les membres de son corps et les feuilles des arbres qui l'entouraient. Il se retourna, se dirigea vers lui et dit : « Un homme de cette envergure spirituelle ne peut être que Cheikh Mouh ammad Fadel ». « Pourquoi alors refusez-vous toujours de me donner en mariage la mère de Souhoud (jumeaux ) ? »lui , rétorqua Cheikh Mouhammad Fadel .


Et sur le champ, Ahmed Ould Abdi devint disciple du grand Cheikh Mouhammed Fadel Ould Mamin et consentit au mariage .
Peu de temps après cette union, Dieu, par Ilham(inspiration ) annonça aux saints hommes de l'époque la naissance imminente d'un garçon exceptionnel qui sera la fierté, le bonheur de son père (Saad Bouh en arabe ) ; ce nom étant gravé sur une étoile. Il s'ensuivit quarante jours durant des prières intenses effectuées par les saints qui cherchaient chacun à obtenir de Dieu d'engendrer ce fils tant désiré . Peu avant ce moment, abattus par la fatigue qu'impose une telle retraite spirituelle, ils s'endormirent tous à l'exception de Ould Mamin qui avait entrepris avant cela, quarante retraites spirituelles de quarante jours chacune . 


Trentiémes ou trente et unième fils, Saad Bouh naquît en 1226 de l'hégire (1848 de l'ère chrétienne) près de Néma, ) à Mesket Ras (Hod Oriental). Une semaine après sa mère, Mariama Mint Ahmed Abdi, Mourut .


A l'instar de tous ses frères, Saad Bouh ira, vers l'âge de cinq ans, à l'école coranique, sous la direction de Cheikh Mouhammed Fadel Ould Lakhbib . Il n'y séjourna pas longtemps, car son père, ayant appris un jour que le jeune Saad Bouh a été battu par son maître coranique, lui demanda d'abandonner les études, étant persuadé que son fils en savait plus que tout autre même s'il n'était qu'au cinquième Hisbou.


L'on rapporte, en outre, que Saad Bouh, au cours de sa formation religieuse de base, n'a appris que Ibn Hashir et était qualifié, par l'entourage familial, de grand paresseux au point que sa jumelle Souadou s'en inquiéta, tous ses frères étant déjà des sommités (Oulémas).


Les frères et soeurs de Saad Bouh seront à la fois étonnés et rassurés de sa précocité intellectuelle lorsqu'un jour , un de ses frères, Amadal Khaîr, mécontent de ce qu'il considérait comme étant un traitement de faveur de la part de Cheikh Mouhammad Fadel à l'endroit de Saad Bouh , s'en alla, à l'heure de la prière du matin, dormir sur le chemin qui mène à la mosquée. C'était là un moyen de pouvoir vérifier la réaction de leur père. Malheureusement il sera sèvérement corrigé par celui-ci qui lui fit remarquer qu'il était inutile d'agir comme Saad Bouh car tout le savoir qu'on cherche à acquerir est inné chez lui.


C'est donc très très jeune, que Saad Bouh, grâce à ses dons exceptionnels, augurait déjà d'un très bel avenir . Cet état de fait ne passa pas inaperçu en Mauritanie à telle enseigne que Saad Bouh a été l'objet de convoitises de la part de certaines fractions maraboutiques qui cherchèrent à faire de lui un protégé spirituel . A celles-ci il promit de ne pas les oublier dans ses prières tout en précisant que nul autre que son père ne pouvait être son maître ; fait consécutif à un engagement qu'il avait souscrit auprès de notre Seigneur alors qu'il n'était pas encore de ce monde. Saad Bouh resta ainsi auprés de son pére, Ould Mamin, qui lui assura une formation soufique adéquate jusqu'au moment où il décida de leur séparation.

Mais voyons comment ils arrivèrent à cette séparation.
Consécration 

Alors qu'il était âgé de douze ans environ, le jeune Saad Bouh décida de se consacrer à Dieu. Durant son invocation, il eut une vision qu'il décrit ainsi ‹‹ je vis à travers une lumière d'une blancheur éclatante mon père, Cheikh Mouhammad Fadel Ould Mamin, en compagnie de quatre des Oulil azmi. Hommes résolus parmi les envoyés de Dieu (Coran, XLVI, 35) que sont Mouhammad (PSL), Abraham, Moise et Noé. Ce dernier venait de la mer, suivi par plusieurs personnes et, lorsque je fus conduit auprès de lui, il me bénit. Ce qui m'étonne dans cette vision ce sont les ressemblances comme deux gouttes d'eau, d'une part, entre mon père et Mouhammad (PSL) et d'autres, entre ce dernier et Abraham››.


Le lendemain, Saad Bouh ira raconter cette vision à Cheikh Mouhammad Fadel Ould Lakhbib qui jouissait d'une réputation dans l'interprétation des songes. Celui-ci le lui interpréta ainsi : ‹‹ la forte ressemblance entre Mouhammad (PSL) et ton père s'explique par le fait que ce dernier s'est à tout moment, confronté à la Sunna (traditions) du Prophète (PSL). La forte ressemblance entre Abraham et Mouhammad (PSL) s'explique quant à elle, par le fait que ce dernier, en parachevant la religion prôné par Abraham (monothéiste) s'en est inspiré tel que Dieu le lui avait prescrit. Et enfin la troisième séquence n'est que le rappel de la reconstitution de l'humanité par Noé après le célèbre déluge. Ce qui fait qu'après Adam, Noé est l'ancêtre des hommes. C'est pour respecter son ancienneté que les autres Oulil azmi sont allés à la rencontre de Noé afin de lui présenter leur ‹‹ fils›› Saad Bouh. 


A son âge, Saad Bouh n'avait qu'une préoccupation : être un serviteur exceptionnel de Dieu. Aussi ne songeait-il, dans ses médiations, qu'à quitter le Hod oừ, disait-il, la cupidité était de mise, pour la Mecque et Médine, berceaux de l'Islam. Il allait vite se résigner car, disait-il, ce serait aller contre la volonté de Dieu qui l'orientait vers l'Ouest du Hod. C'est donc dire que Saad Bouh savait depuis son enfance, qu'il avait une mission à accomplir dans cette zone géographique qu'est l'Ouest. Aussi aimait-il se promener seul et méditer sur les merveilles de notre seigneur. C'est dans cette situation qu'il raconte en plus ce songe.


‹‹ Au cours d'une nuit j'ai été interpellé, dans mon sommeil, par un hâtif (quelqu'un qu'on entend mais que l'on ne voit point) qui m'entoura la tête avec le turban de mon père, puis me fit porter tous ses habits, me remit son chapelet et me demanda d'aller prier à la mosquée où je trouvai mon père, à la droite duquel je me plaçai : et il y avait plusieurs fidèles derrière nous. Quant le hâtif cria : ' que quelqu'un dirige la prière ', je regardai mon père et étrangement, nous étions la même personne, avec les mêmes tenues. Ainsi nous dirigeâmes ensemble la prière à l'issu de laquelle mon père fit volte face vers l'Ouest et, me sachant parvenu au sommet, me recommande d'être indulgent et juste avec mes parents''.


Aussitôt après ce songe, le jeune Saad Bouh ira encore consulter le grand Cheikh Ould Lakhbib qui, avant que son ancien élève ne s'adresse à lui, lui explique le songe et lui tint ces propos : « Tes vœux seront bientôt exauces par Dieu et en conséquence tu seras élève au grade suprême. D'ailleurs dans les voies célestes on t'a baptisé Al Moukhtar (l'élu, le choisi) ».


C'est à partir de ce moment que Cheikh Saad Bouh, tel qu'il l'a rapporté dans son livre intitulé " Démenti sur ma soumission", en a décelé en lui, pendant sa jeunesse, des choses que toutes les sources d'enseignement réunies : la Sharia (lois islamiques), les livres de sciences et les traditions orales, etc., ne peuvent raconter. C'est à ce titre qu'il dit : « Mouhammad (PSL) ne nous avait –il pas recommandé de ne pas raconter aux gens, et au risque d'être mal jugés, des faits qui ne sont pas à leur niveau d'entendement ? »
Et pour nous donner une idée sur sa personne , Saad Bouh nous rappelle les propos jadis tenus, dans le même ordre d'idées, par son aïeul Ali di Zein El Abididn, le seul fils de Hossein, petit fils du prophète (PSL) qui à survécu à la bataille de Karbala (an 61 de l'hégire) : « Si je me mettais à raconter le savoir dont m'a pourvu Dieu , l'on dira que j'adore les idoles, et au vu de la Sharia, je serais condamné à mort » .


Le jeune Saad Bouh restera auprès de son père jusqu'à ce qu'il sentit et entendit chacun de ses poils glorifier les noms divins un serviteur inconditionnel et incontesté de son Seigneur.
Il venait d'avoir environ quinze ans lorsque son père lui avait livré le Wird khadrya, l'éleva à la dignité de maitre (cheikh) en lui entourant la tête de son turban et le décora à titre honorifique, de l'emblème de l'Islam dont la communauté a hérité du Prophète (PSL).


Le fils prodige reçut alors de Cheikh Mouhammad Fadel Ould Mamin les plus sages conseils. Cette période marque le début de leur séparation dont d'aucuns disent qu'elle a été précipité par son père quand le jeune Saad Bouh le fit sortir, par un phénomène inexplicable, de sa retraite spirituelle, la tête nue (fait unique durant toute sa vie). Cet événement est survenu quand un disciple de Cheikh Mouhammad Fadel Ould Lakhbib, commissionné par ce dernier auprès d'Ould Mamin, trouva celui-ci en retraite mystique au cours de laquelle personne n'osait le déranger. Il promit alors un beau boubou à quiconque parviendrait à le faire sortir de sa retraite. Le miracle se produisit de la part de Saad Bouh. Il convient de préciser que d'autres l'attribuent à son frère Cheikh Amdal Mahmoune. 
Séparation

Quand Cheikh Mouhammad Fadel Ould Mamin eut l'intention de se séparer de son fils Cheikh Saad Bouh, celui-ci le sachant, se proposa d'entreprendre un voyage à travers les provinces du Hod aux fins de rendre visite à ses frères et cousins qui n'habitaient plus le campement paternel.


Au cours de son périple, Cheikh Saad Bouh fut frappé par le mode de vie que menait son frère Cheikh Taqi Allah, sixième fils de son père.
En effet, la vie de Cheikh Taqi Allah était essentiellement marquée par l'errance dans le désert qu'il aimait tant, avec sa famille et son cheval légendaire qu'il n'a quitté que pour rendre l'âme en 1894 dans le Hod. Il lui arrivait même des moments où, avec sa famille, il mangeait le sable en guise de repas. Dès qu'il vit Cheikh Saad Bouh, il l'appela le Cheikh des Ntaaba qui constitue une tribu maure vivant au Sud Ouest de la République Islamique de Mauritanie, à l'endroit compris entre l'océan, le fleuve Sénégal et le marigot des maringouins. Et quand le jeune frère transmit à l'ainé les salutations de leur père, ce dernier répliqua en récitant « la foi pure », qu'il n'a ni père ni mère. Cette attitude peut s'exprimer ainsi : « Quand Dieu se révèle à son serviteur par le nom Allah, l'âme du serviteur s'éteint, et Dieu se met à sa place, purifiant son temple des entraves de l'éphéméride et rompant le lien qui le relie aux existences ; alors il est seul par son essence et seul par ses qualités, ne connaissant ni père, ni mère » .Cette situation en décrit en état d'extase.


Revenons à la séparation elle-même. Cheikh Saad Bouh avait environ quinze ans lorsque son père l'appela pour lui annoncer leur séparation fatidique. Il lui signifia alors qu'il était le maitre des Ntaaba et qu'en conséquence il devait, en quittant le Hod, côtoyer l'Océan Atlantique jusqu'à l'Ouest : l'endroit où se couche le soleil.
Il lui précisa en outre que, compte tenu des maléfices qui sévissent dans cette zone, il devait inviter cette population à le suivre vers l'Est de la zone, dans le terroir d'Iguidi, à un endroit qui lui sera indiqué par un passant.


En l'orientant vers l'Ouest du Hod, Cheikh Mouhammad Fadel Ould Mamin savait que la mission de son fils ne serait pas facile, cette zone géographique étant pourvue d'éminents guides religieux.
Ce fut un instant effectivement émouvant pour le jeune Cheikh Saad Bouh qui, face à la solitude dont il allait être l'objet, accéda au makhamat Souli (degré spirituel correspondant à la soumission totale à Dieu). En effet, Cheikh Saad Bouh se sentant coupé de son père et du prophète (PSL) qui constituait ses uniques supports, s'appuya pour affronter toutes les épreuves qui allaient se dresser sur son chemin. 


Cet isolement dont il était l'objet signifiait essentiellement la capacité qui le caractérisait sur le plan spirituel. C'est pour cette raison qu'il dit qu'il a été élevé, à une dignité dont la plupart des saints ne jouissent qu'à quarante ans.


Ainsi il quitta à dos de chameau, le cœur gros, la région qui l'a vu naitre. Il était alors en compagnie de ses sœurs Souadou et Nafissatou et de ses talibés Mouhammad Lamine Ould Issa et Mouhamdi Cheikh. Et comme documentation, son père ne lui laissa que deux livrets sur les noms de Dieu. => 
L'Exode

La séparation de Cheikh Saad Bouh avec ses parents s'est traduite par un exode qui, en fait, devait justifier la consécration dont il a été gratifié. Cet exode connut plusieurs étapes dont chacune constitue une épreuve qui se présentait généralement sous forme de confrontations spirituelles ou d'accusations gratuites qu'il se doit de lever pour sa crédibilité.
Voyons –en les péripéties.



A LA RECHERCHE D'UN CAMPEMENT 

En quittant le Hod, Cheikh Saad Bouh partit donc à la recherche des Ntaaba. Il parcourut plus de mille kilomètres à travers le Hod occidental, le Tagant (limitrophe avec l'Adrar). Le Brakna et enfin le Trarza. Pour ce long itinéraire où les animaux féroces imposaient leurs lois, Cheikh Saad Bouh commença par dédier au Tout Puissant un poème dans le quel il lui demandait de le préserver avec les siens, contre les animaux et d'instaurer la paix sur terre.
Cet itinéraire devait le conduire dans des régions reculées oừ le célèbre et vénéré Cheikh Mouhammad Fadel Ould Mamin était inconnu ; ceci marque pour Cheikh Saad Bouh le début d'une ère nouvelle.


Cependant, il ne manque pas une fois d'entretenir des relations épistolaires avec son père à qui il envoyait régulièrement des adiya (aumônes) pour ne pas faillir à la tradition qui recommande de ne point oublier son maître. Dans ses lettres, il mettait de loin celui de ses contemporains et celui de ceux qui l'ont précédé. Et en outre, il rappelait fièrement ses origines qui remontaient jusqu'à Mouhammad (PSL) dont son père, maitre des maitres, était l'héritier spirituel tout comme lui, était le sien.


En retour, Cheikh Mouhammad Fadel, en assurant à son fils sa présence constante à ses cotés, ne cessait d'apaiser son ardeur en lui conseillant « de ne point négliger les prières canoniques et d'être clément vis-à-vis des hommes afin que la grâce divine soit davantage répandue sur lui. Car » poursuit –il, il m'a été révélé que, le jour dernier, grâce à toi, la plupart de ces hommes iront au paradis ».


Ainsi, pour se consacrer davantage à Dieu, Cheikh Saad Bouh écrit Ya Sakhibayadami : prière faite à ses organes des sens, afin que ceux-ci se détournent de toutes les tentations de ce monde.
Avant de venir s'établir à Ziré, au milieu des Ntaaba, Cheikh Saad Bouh séjourne dans plusieurs lieux : Cheikh Saad Bouh a séjourné à Gouenit, Toueyzikt, Mbel, Bou Jaiba (entre Khoufa et l'océan), etc. Il y passa respectivement plusieurs mois. Et chaque fois que, dans cette contrée, l'occasion se présentait à lui, il y établissait sa réputation maraboutique tout en clamant son origine chérifienne.


Lors de son parcours vers Zire, Cheikh Saad Bouh rencontra, à Mbel, Mouhammad Ibn Hanbal, personnage vénéré dans toute cette région. Ce saint personnage qui, éclairé par une inspiration divine, accompagna Cheikh Saad Bouh dans son trajet et se plaça ensuite avec ses cents disciplines, sous son obédience. De celui-ci. Il fut ainsi le premier Cheikh consacré comme tel, en pays maure. Il donnera plus tard à son nouveau maître, sa nièce en mariage.
C'est dans cette contrée que Cheikh Saad Bouh rencontra également, tout près de Maray, sur la rive droite, Mouhammad Sakhnoun de la tribu des Ehel Ag Dabiaye qui allait devenir l'un de ses fideles disciples et compagnons.


En voici les circonstances : un jour, Cheikh Saad Bouh vint dans le campement de Mouhammad Sakhnoun qui en était absent. Mais il y trouva ses fils Mouhammad et Mouhammadou Guia qui se soumirent à lui, après s'être fait raser la tête. Aussitôt les nouveaux disciples se mirent à courir dans tous les sens, à boire de l'eau de la mer et à manger des feuilles d'arbre.


De nos jours d'ailleurs, les descendants de cette famille soignent certains de leurs maux avec de l'eau de mer ou des feuilles d'arbres.
Or, Mouhammad Sakhnoun, en rentrant chez lui, trouva Cheikh Saad Bouh et ses fils en transe. Il apostropha sévèrement l'inconnu qu'il n'avait jamais vu auparavant, en ces termes : « Fais recouvrer à mes fils leur esprit et, chérif comme tu le prétends, tu dois être capable de trouver un remède à nos maux ».


Cheikh Saad Bouh releva le défi. Cette tribu se dévouera à Cheikh Saad Bouh et à ses descendants, ceci jusqu'à nos jours. Quant à Mouhammad Sakhnoun, devenu fervent adepte de Cheikh Saad Bouh, il ne le quitta plus un instant. Cheikh Saad Bouh se maria pour la première fois. C'est également vers cette contrée qu'il rencontra celui qui deviendra assurément à la fois son plus grand détracteur et adversaire : le savant Mouhammad Ibn Tefi du village de Lakharat situé au Nord de Saint Louis. En effet , ce personnage mit Cheikh Saad Bouh à l'épreuve en lui demandant d'abord , de lui faire faire involontairement un geste de courtoisie envers lui et, ensuite , à partir d'une petite calebasse remplie de lait , de faire boire à satiété tout le monde qui les entourait.


A la demande de Cheikh, le lait fut préparé. Il pria alors Ibn Tefi de prendre la calebasse et de servir tout le monde. Celui-ci s'exécuta en toute docilité sans s'en rendre compte, et chaque personne put boire du lait à volonté.
Apres cette action, Cheikh Saad Bouh fit un geste en direction des centaines de personnes qui pratiquaient, non loin d'eux, du dhikr et aussitôt ils se turent tous. Et au fur et à mesure qu'il faisait un geste du doigt, celles-ci reprenaient une à une leur dhikr. Ensuite, il refit pratiquement les mêmes gestes, mais cette fois –ci avec du sable, en direction de quelques animaux qui rodaient aux alentours du campement. Et tel un corps de ballet, ceux-ci s'exécutèrent au gré de ses gestes. 



CAP SUR LE SENEGAL 

Il paraît nécessaire de préciser que Cheikh Saad Bouh, après son départ du Hod, n'y est jamais retourné et qu'il entreprit le voyage au Sénégal après le décès de son père en 1869. Et Saint Louis fut la première ville sénégalaise à l'accueillir en 1872 alors qu'il n'avait que Vingt-quatre ans ; trois ans donc après la disparition de son père.
Comme à son habitude, Cheikh Saad Bouh, en vue de son départ pour le pays des maisons en dur, fit cette prière: 
"O Seigneur ! Dirige-moi sur le droit chemin exauce mes prières.
Et bénis l'agriculture ainsi que l'élevage 
Car tu es le Maitre incontesté de l'univers.
Assiste-moi et fais que je me sente assisté de toi.
Guide mes pas partout oừ je vais 
Et confirme-moi dans mon dévouement".


En raison des dures et habituelles conditions de voyage, Cheikh Saad Bouh séjournera encore dans plusieurs endroits avant d'arriver à Saint-Louis qui était alors la capitale du Sénégal et de la Mauritanie.
Au cours de son périple en pays noir qu'il avait l'habitude de visiter tous les deux ans dans ses parties limitrophes avec la Mauritanie, le Cheikh se rendra ensuite dans les provinces de l'intérieur du Sénégal ; Fouta, Baol, Diambour, Dakar, Cayor.


Notons quelques faits qui ont marqué ce périple pour mieux caractériser les épreuves subies au cours de cet exode.


Saint Louis : lors de son premier séjour dans l'ancienne capitale du Sénégal et de la Mauritanie, Cheikh Saad Bouh et ses disciples avaient élu domicile au quartier Guet –Ndar, chez la dame Thiane Mbadieye. En l'absence du Cheikh ses disciples, conformément à ses recommandations, prièrent toute une nuit, à haute voix. Etant donné que les autorités coloniales interdisaient cette pratique de dévotion, les policiers alertés, se rendirent chez ladite dame pour rappeler à l'ordre les disciples du Cheikh. Devant le refus catégorique de ces derniers d'obtempérer, un policier blanc éperonna son cheval qui se cabra pour piétiner Mouhammad Lamine Ould Issa qui dirigeait les prières. Celui-ci prononça un nom d'Allah et le policier tomba par terre avec sa monture. Devant cette situation, un autre policier s'engage vers Ould Issa et lui administra une gifle magistrale. Le marabout prononça de nouveau deux noms d'Allah et le policier tomba et rendit l'âme aussitôt.


Cet incident valut aux perturbateurs (c'est ainsi que les autorités coloniales qualifiaient en ces circonstances, les talibés de Cheikh Saad Bouh) un séjour en prison. Informé des faits, Cheikh Saad Bouh pria toute la nuit et annonça le lendemain que Dieu lui avait révèlé qu'on allait venir le chercher pour libérer les talibés. Il refusa en conséquence de suivre chez lui Bou El Mogdad qui voulut lui éviter les démarches chez les policiers. Et comme il l'avait prédit, Cheikh Saad Bouh fut conduit chez le gouverneur qui l'interrogea avec bienveillance et fit libérer les prisonniers.


Une autre fois, alors qu'il avait campé au quartier Ndar –Toute, à l'emplacement de l'actuelle école Dodds qui n'était pas encore créée, Cheikh Saad Bouh reçut une convocation venant du gouverneur Coppolani. Il devait dans ce cas aller à son bureau situé à quelques cent cinquante mètres de son campement, vers le petit bras du fleuve Sénégal. N'ayant pas l'habitude de recevoir des ordres, il refusa de s'y rendre. Il revint cependant sur sa décision après maints conseils de ses moukhaddam, ses proches. Il se rendit alors au bureau du gouverneur avec ses fils Sidya Bouya, Makhfouss, Ma El Aynine et ses disciples, Ahmad Baba et Mouhammad Lamine Ould Issa.


Une fois sur les lieux, le saint homme et sa suite furent reçus par le gouverneur Coppolani assisté par l'interprète Bou El Mogdad. Ils furent aussitôt informés de l'objet de la convocation : la cessation immédiate des exubérantes prières nocturnes. Ces prières qui ont été à l'origine des démêlés entre la police et les disciples du Cheikh perturbaient, selon l'autorité temporelle, le sommeil de ses enfants.
Etant un fervent adepte du dhikr à haute voix, Cheikh Saad Bouh refusa de se plier à la volonté de Coppolani qui excédé fit signe de jeter un coup d'œil dans la cour du palais : des gardes armés jusqu'aux dents étaient ça et là. Le gouverneur voulut en fait lui signifier que s'il n'obtempérait pas, il serait mis en état d'arrestation, 
Excédé à son tour, l'invité se leva et se dirigea vers la sortie, prenant du bout de ses doigts les grains de son chapelet. Et aussitôt tout l'immeuble bascula d'un coté. Il fallut l'intervention expresse de Bou El Mogdad pour apaiser Cheikh Saad Bouh qui, prenant à témoin Dieu et le Prophète (PSL), dit que s'il faisait un pas de plus Tout Saint Louis serait englouti dans les eaux. C'était là, également pour le Cheikh, une menace en réponse à celle dont il venait d'être l'objet de la part du Gouverneur.


Affolé, le gouverneur Coppolani s'empressa de faire donner à Cheikh Saad Bouh, en guise de adiya, dix balles de tissu, dix sacs de sucre, dix sacs de thé et un lit en plaqué or que le Cheikh cédera à un de ses disciples, le confort n'étant pas son fort. Monsieur Coppolani informera ensuite le gouverneur général du déroulement des faits tout en précisant que Cheikh Saad Bouh n'était pas dé portable. La tentative de déportation était donc en réalité l'objectif implicite de l'entrevue suscité par le gouvernement de colonie.


La déportation en question n'a jamais cessé en fait d'être l'objectif des français qui n'ont effectivement jamais pardonné à Cheikh Saad Bouh le ridicule dont ses talibés les ont couverts lors des démêlés de Guet Ndar. En plus de cela il faut ajouter la suspicion et la crainte qu'éprouvaient toujours les colons lorsqu'ils y avaient des attroupements autour des marabouts.


Cet état de fait persistant, l'administration élabora un plan qui consista à procéder à l'inauguration d'un bateau sur le fleuve Sénégal ; c'est cérémonie devant être rehaussé de la présence du gênant marabout. Il était prévu dans l'inéraire, une promenade jusque vers l'embouchure du fleuve. Mais le bateau ne put aucunement lever l'ancre, au grand dam des autorités coloniales qui firent appel à tout leur génie pour réparer leur moyen de transport défaillant, mais en vain. Et au saint homme de leur dire ; « Le Tout-Puissant n'a pas autorisé son départ d'ici ».


Impuissantes donc devant ce personnage visiblement assisté de Dieu, et pour faire la paix avec lui et son entourage, les autorités coloniales laisseront passer la frontières sénégalo-mauritanienne, et sans aucune taxe, ses taxes animaux, en quête de pâturage. Est-il alors évident d'admettre que cette attitude des colons découle du « respect » qu'ils éprouvaient à l'égard de la sainteté de Cheikh Saad Bouh ?


Il serait dommage de se limiter aux seuls problèmes qu'a eus Cheikh Saad Bouh à Saint Louis qui, après le village de Débi, a été la première localité sénégalaise à l'accueillir ; accueil dont il lui sera très reconnaissant, notamment à l'égard des habitants de Guet-Ndar qui l'ont adopté dès son arrivée.


Cette reconnaissance va tout d'abord se traduire par cette révélation de la part du saints homme : « soyez satisfaits vous les pêcheurs car la porte la miséricorde ont pris le pas sur les péchés dont le registre d'inscription est à découvert ; ce qui engendre ainsi le pardon pour tous les Saints-Lousiens ».


Ensuite il fera une autre révélation depuis son campement de Ndar-Toute. Alors qu'il avait l'habitude de se promener par moment à cet endroit, vêtu d'un seul boubou , le cheikh pour se justifier , dit qu'une des portes du paradis donnait sur cet endroit et que le vent émanait lui rafraîchissait le corps . Cette révélation ne fait que confirmer les bienfaits que la plupart des marabouts ont prédits pour la ville de Saint-Louis.


Fouta : au cours d'un voyage par bateau vers Podor, Cheikh Saad Bouh étant arrivé après l'actuel village de Débi, descendit dans le canoë attaché à la poupe du bateau pour faire ses ablutions et prier l'heure de « t ». Il s'y prit maladroitement et tomba du canoë. Personne ne s'était rendu compte, à cet instant, de ce qui s'était passé. Ce n'est qu'au bout de quelques minutes de quelques minutes qu'un de ses talibés signala son absence. On rebroussa chemin pour aller à sa recherche et on le trouva entrain de prier à la surface de l'eau.


Interrogé sur ce prodige, le saint homme déclara que dans sa chute, il a prononcé une syllabe de basmala et qu'aussitôt l'eau fut transformé à cet endroit du fleuve, en corps dur par les Rijalu khayri et les Rawkhânes qui sont tous deux des créatures invisibles, proches des anges. Il loua ensuite son Seigneur Qui lui a révélé que s'il avait prononcé ce vers entier (basmala), toute l'eau du fleuve serait évaporé. C'est en remémorant cet acte que Cheikh Saad Bouh a écrit un écrit un ouvrage intitulé : « les Bienfaits de la basmala ».
Dakar : lorsqu'il vint Dakar qui n'était encore qu'une petite ville Cheikh Saad Bou campa dans le quartier Hock qui était alors le fief des lébous à proximité de l'actuel emplacement de la mosquée dite khadrya.


Cette mosquée est ainsi appelée ainsi parce que ses promoteurs dénommés Youssouf Ba Amar Gueye et proches avaient alors demandé à Cheikh Saad Bouh de prier à cet emplacement sur lequel ils avaient l'intention d'édifier une mosquée. Apres une timide rencontre avec les populations l'ébous, il sera bien adopte, notamment par les membres des familles de Alpha Diol et Youssouf Ba Amar Gueye. Ainsi, ces populations n'hésiteront pas à constituer une délégation chargée de rencontrer le marabout de qui elles attendaient des prières pour faire face à leurs problèmes cruciaux, parmi lesquels l'épidémie mortelle qui sévissait dans Dakar et d'autres part la solitude dans laquelle se trouvait ladite localité. C'est donc là une explication de l'essor prodigieux de Dakar.


Quand Cheikh Saad Bouh quitta Dakar pour l'intérieur du pays, il fut rejoint en catastrophe, à yarakh, actuelle banlieue de Dakar, par quelques L'ébous réunis autour de Alpha Dol qui a été avec Youssouf Ba Amar Gueye l'un de ses premiers talibés dans la région. Apres avoir loue le Seigneur, Maitre ses mondes, ils lui dirent ; « Nous avions oublie, en vous faisant part de nos problèmes, celui de la sécheresse persistance ».


Le cheikh leur répondit : « Le maitre des mondes a déjà exauce votre prière. Et tout Dakar baignera dans l'eau. Il pleuvra sur la presqu'il toute une semaine durant au point d'inquiéter sérieusement tous les habitants ».
Ils se décidèrent d'aller, de nouveau, à la rencontre de Cheikh Saad Bouh qu'ils rejoignirent entre Mbao et Rufisque. Des qu'ils l'informèrent de leur préoccupation, la pluie s'arrêta.
Baol ; Cheikh Saad Bouh s'y rendit vers 1880, sous le règne du Teigne fétichiste et idolâtre Elimane Fall qui ne tôlerait point l'intrusion des voyageurs dans son fief.


Quand il fut informe de l'installation illégale du Cheikh dans son territoire, il dit, à la grande surprise générale, de le laisser en paix. Il lui fit ensuite apporter, par ses captifs, de nombreuses provisions.
Le lendemain, le monarque, richement habille, reçut le cheikh avec tous les honneurs et le fit installer prés de lui sur son trône. Puis il s'engagea entre eux une conversation au cours de laquelle Cheikh Saad Bouh fit remarquer l'inutilité des idoles, en désignant l'arbre qu'il adorait.


« Nous ne connaissons que ces idoles que nous tenons de nos pères », lui répondit le Teigne.
Pour lui prouver que les idoles n'ont aucune valeur, Cheikh Saad Bouh lui dit qu'il pouvait détruire, en une fraction de seconde. l'arbre-fétiche.


Persuade que son hôte ne pourrait réaliser ce qu'il venait de dire, Elimanel acquiesça. Du coup, le chef fit un geste en direction de l'arbre qui fut foudroyé. Et pour confirmer l'assertion de leur maitre (l'unité des idoles), un des fideles traina l'arbre jusqu'à leur pieds.
Devant la stupéfaction du Teigne qui n'en revenait pas Cheikh Saad Bouh dit qu'on ne doit adorer que Dieu, l'Unique, l'Eternel.


Et c'est volontiers qu'Elimanel Fall reconnut en Dieu le véritable Maitre de l'univers. Ensuite, il reçut l'enseignement du Cheikh qui le convertit à l'Islam avec tout son peuple et lui demanda de se débarrasser des bijoux en or dont il s'était pare.


Ayant entendu que le cheikh avait une magnifique chevelure qu'il dissimulait sous son eternel turban, Elimanel Fall lui demanda de la voir. Et tout naturellement Cheikh Saad Bouh refusa. Néanmoins, devant son insistance, il dévoila sa chevelure à son nouveau talibé dont la tête s'inclina aussitôt vers sa poitrine. Il fut délivre de cette position insolite par le Cheikh qui lui dit : « C'est ainsi qu'on peut faire la différence entre les rois de cette terre et Dieu qui est le véritable Roi.


Mouhammad (PSL). C'est effectivement à Ngoumba oừ mourut et fut enterre son fils Hadrame dont la disparition à la fleur de l'âge, éprouva le Cheikh qui tenait à lui rendre hommage. Il demanda alors à un de ses disciples de cette province, Cheikh Code Diaw, accompagne d'autres disciples, de lui indiquer le tombeau de son fils à son fils. A une centaine de mètres des lieux, le guide lui montra du doigt l'endroit fatidique d'oừ jaillit une lumière qui fut projetée jusqu'à leur pieds. C'est le moment que choisit Cheikh Saad Bouh pour s'adresser à son Seigneur, en ces termes :
Sache, O le M miséricordieux que Ngoumba t'adresse des prières.
Accorde lui donc toute la miséricorde qui est en 
Toi.
Fais que félicite satisfaction et sérénité enveloppent ce cimetière
Toutes ces faveurs grâce au tombeau de mon fils.
Ce fils dont tout le monde peut témoigner de sa 
Fidélité à mon égard
Fais que la terre lui soit légère
Que son tombeau baigne dans la lumière
Et qu'il soit destine au paradis par la Vertu que Tu 
As attribue à Mouhammad (PSL) et dispense à ses valeureux compagnons
Pardonne-lui tous ses pèches
Ainsi qu'à tous ceux qui viendront s'y recueillir.
Les compagnons de tous ceux qui seront ici.


Indépendamment de la visite religieuse dont il est souvent l'objet. Ce cimetière de Ngoumba sert de dernière demeure à certains descendants et disciples de Cheikh Saad Bouh
Cayor : dans ce province, Cheikh Saad Bouh était également adule notamment dans la ville sainte de Tivaoune oū il s'était fait distinguer par ses talents exceptionnels pour instruire sur place des personnes qui ignoraient tout de l'islam. A ce titre, « lors dd son séjour en cette escale, en Mrs 1913, la population donna des grandes en son honneur. Peu après son départ, les terrains communaux ayant été lotis et mis en adjucation, en vue de l'agrandissement de la ville, le lot sur lequel le Cheikh avait campe avec sa suite atteignit une valeur dix fois supérieure à celles des terrains environnants ».


Telles sont les étapes importantes et les péripéties qui ont caractérisé l'exode de Cheikh Saad Bouh depuis son Hod natal jusqu'au Sénégal. Ce périple l'a véritablement révèle aux populations qu'il a rencontrées en dépit des difficultés qu'il a rencontrées en dépit des difficultés qu'il a connues. Ainsi, c'est sans surprise que son nom sera vénéré dans toute l'Afrique Occidentale, singulièrement en Mauritanie, au Sénégal, en Gambie, au Mali, en Guinée Conakry et en Guinée Bissau. Encore qu'à cette époque il n'était pas facile d'émerger dans cette partie de l'Afrique oừ les marabouts de grande renommée étaient nombreux et la main mise coloniale s'y confirmait de plus en plus. Cheikh Saad Bouh parviendra cependant à se faire distinguer au point de se faire nommer par ses compagnons, l' « Etoile de l'Islam » ; appellation que le Cheikh tint à justifier toute sa vie durant. Le chapitre suivant nous en dira plus
Vie politico-réligieuse 

Pour mettre en relief la vie de Cheikh Saad Bouh sous l'angle politico-religieux, il parait nécessaire de l'aborder sous l'angle de la nature des différents rapports qu'il a eus avec son entourage et les tiers ; cette partie de l'ouvrage ne faisant figure que de compléments au chapitre précédent consacre à l'exode de Cheikh Saad Bouh, l' « étoile de l'Islam »

Rapports avec ses proches :
Cheikh Saad Bouh a toujours entretenu les relatons des plus cordiales avec tous ses proches ; lesquelles relations étant consolidées par les visites qu'ils rendues, à son départ du Hod, à la plupart de ses parents. Mais une fois qu' ; il s'est fixe à Nimjat, tous ces parents sont venus le visiter en raison de la distinction particulière dont il a joui de la part de son père Cheikh Mouhammad Fadel Ould Mamin.
En matière d'enseignement religieux, il envoyait au Maroc, auprès de son Frère Cheikh Ma El Aynine, certains de ses élèves, pour complément de formation, et réciproquement.
Ses propres enfants lui étaient très dévoues au point de ne lui parler que par moments à l'exception de Cheikh Sidaty dont le tempérament impulsif était reconnu de tous.

Rapport avec les tribus avoisinantes

Ces tribus dont j'ai déjà parle dans le chapitre consacre à l'exode, n'ont jamais cesse, dans leur majorité, d'être hostiles à l'égard du Cheikh dont elles ne souhaitaient que le départ de Nimjat. Le prestige sans cesse croissait du Cheikh notamment en pays noir, a influence en grande partie, leur attitude.
Il importe de souligner, en outre, que Cheikh Saad Bouh a beaucoup souffert, partout oừ il résidait des campagnes de dénigrement de la part des Kounti qui rejetaient catégoriquement la descendance chérifienne des « fadelia ».
Face à cette situation, les enfants du cheikh finiront par perdre patience. Mais le flegme affiche par leur père apaisera leur ardeur. En effet, Cheikh Saad Bouh ne cessait jamais de dire à son entourage de ne pas répondre aux provocations des tribus avoisinantes car tôt ou tard elles se rallieraient à leur cause et compteraient parmi leurs disciples. De nos jours, ces populations sont les premières à s'installer à Nimjat, à l'approche du pèlerinage annuel.
Rapport avec ses contemporains
Se sachent malgré lui, investi d'une mission divine, Cheikh Saad Bouh s'est tout d'abord révèle comme étant un bonheur, particulièrement pour la race d'« adiam », et pour cause. C'est pour cette raison qu'il exhortait les populations negro-berbères qu'il rencontrait à croire en lui, exhortation Fi ilmil tasawwufi dans lequel il dit qu'il lancée un appel à l'humanité comme l'avait fait jadis son ancêtre Mouhammad (PSL). C'est l'appel à l'Islam qui lui a valu toutes les péripéties déjà décrites qu'il a connues, en Mauritanie notamment oừ il s'est en somme révèle comme un propagateur de l'Islam en usant, selon les circonstances, de différents procèdes de prédication sur lesquels je reviendrai dans la partie réservée aux œuvres du Grand Cheikh.
C'est ainsi que Cheikkh Saad Bouh, grâce à ses dons exceptionnels, convertissait à l'islam des personnes perverses qui, meme des fois, se voyaient hisse à des grades élèves dans l'ordre spirituel (cheikh), pour être chargées dans leur fief, de propager la religion





Pour permettre de mieux saisir certains passages du contenu de ce site, il importe de retracer brièvement les évènements qui ont tout juste précédé la naissance de Saad bouh.


Cheikh Mouhammad Fadel avait adressé, vers 1849, une lettre à Ahmed Ould Abdi qui habitait le site géographique constituant l' actuel département de Boutilimit , lui demandant en mariage, sa fille Mariama . Ahmed Ould Abdi lui répondit négativement prétextant qu'il ne connaissait pas bien le Cheikh et qu'en outre, sa fille était trés jeune.


Peu de temps après, Ahmed Ould Abdi entreprit un voyage dans le Hod. Arrivé non loin d'un homme qu'il aperçut sur son passage, il lui sembla avoir entendu plusieurs personnes célébrant les louanges de Dieu. Quand il fut près de cet homme, il se rendit compte qu'il était bien seul dans la pratique du dhikrou-lah (invocation du nom d'Allah). Bien que surpris, Ahmed ne lui demanda qu'un renseignement : « où se trouve la ville plus proche ? » Il continua son chemin dés que l'étrange homme lui indiqua la direction de la ville en question . Mais aussitôt après, le dhikr collectif reprit. En se retournant , le père de Mariama se rendit compte que dans son invocation, l'inconnu était accompagné par tous les membres de son corps et les feuilles des arbres qui l'entouraient. Il se retourna, se dirigea vers lui et dit : « Un homme de cette envergure spirituelle ne peut être que Cheikh Mouh ammad Fadel ». « Pourquoi alors refusez-vous toujours de me donner en mariage la mère de Souhoud (jumeaux ) ? »lui , rétorqua Cheikh Mouhammad Fadel .


Et sur le champ, Ahmed Ould Abdi devint disciple du grand Cheikh Mouhammed Fadel Ould Mamin et consentit au mariage .
Peu de temps après cette union, Dieu, par Ilham(inspiration ) annonça aux saints hommes de l'époque la naissance imminente d'un garçon exceptionnel qui sera la fierté, le bonheur de son père (Saad Bouh en arabe ) ; ce nom étant gravé sur une étoile. Il s'ensuivit quarante jours durant des prières intenses effectuées par les saints qui cherchaient chacun à obtenir de Dieu d'engendrer ce fils tant désiré . Peu avant ce moment, abattus par la fatigue qu'impose une telle retraite spirituelle, ils s'endormirent tous à l'exception de Ould Mamin qui avait entrepris avant cela, quarante retraites spirituelles de quarante jours chacune . 


Trentiémes ou trente et unième fils, Saad Bouh naquît en 1226 de l'hégire (1848 de l'ère chrétienne) près de Néma, ) à Mesket Ras (Hod Oriental). Une semaine après sa mère, Mariama Mint Ahmed Abdi, Mourut .


A l'instar de tous ses frères, Saad Bouh ira, vers l'âge de cinq ans, à l'école coranique, sous la direction de Cheikh Mouhammed Fadel Ould Lakhbib . Il n'y séjourna pas longtemps, car son père, ayant appris un jour que le jeune Saad Bouh a été battu par son maître coranique, lui demanda d'abandonner les études, étant persuadé que son fils en savait plus que tout autre même s'il n'était qu'au cinquième Hisbou.


L'on rapporte, en outre, que Saad Bouh, au cours de sa formation religieuse de base, n'a appris que Ibn Hashir et était qualifié, par l'entourage familial, de grand paresseux au point que sa jumelle Souadou s'en inquiéta, tous ses frères étant déjà des sommités (Oulémas).


Les frères et soeurs de Saad Bouh seront à la fois étonnés et rassurés de sa précocité intellectuelle lorsqu'un jour , un de ses frères, Amadal Khaîr, mécontent de ce qu'il considérait comme étant un traitement de faveur de la part de Cheikh Mouhammad Fadel à l'endroit de Saad Bouh , s'en alla, à l'heure de la prière du matin, dormir sur le chemin qui mène à la mosquée. C'était là un moyen de pouvoir vérifier la réaction de leur père. Malheureusement il sera sèvérement corrigé par celui-ci qui lui fit remarquer qu'il était inutile d'agir comme Saad Bouh car tout le savoir qu'on cherche à acquerir est inné chez lui.


C'est donc très très jeune, que Saad Bouh, grâce à ses dons exceptionnels, augurait déjà d'un très bel avenir . Cet état de fait ne passa pas inaperçu en Mauritanie à telle enseigne que Saad Bouh a été l'objet de convoitises de la part de certaines fractions maraboutiques qui cherchèrent à faire de lui un protégé spirituel . A celles-ci il promit de ne pas les oublier dans ses prières tout en précisant que nul autre que son père ne pouvait être son maître ; fait consécutif à un engagement qu'il avait souscrit auprès de notre Seigneur alors qu'il n'était pas encore de ce monde. Saad Bouh resta ainsi auprés de son pére, Ould Mamin, qui lui assura une formation soufique adéquate jusqu'au moment où il décida de leur séparation.

Mais voyons comment ils arrivèrent à cette séparation.
Consécration 

Alors qu'il était âgé de douze ans environ, le jeune Saad Bouh décida de se consacrer à Dieu. Durant son invocation, il eut une vision qu'il décrit ainsi ‹‹ je vis à travers une lumière d'une blancheur éclatante mon père, Cheikh Mouhammad Fadel Ould Mamin, en compagnie de quatre des Oulil azmi. Hommes résolus parmi les envoyés de Dieu (Coran, XLVI, 35) que sont Mouhammad (PSL), Abraham, Moise et Noé. Ce dernier venait de la mer, suivi par plusieurs personnes et, lorsque je fus conduit auprès de lui, il me bénit. Ce qui m'étonne dans cette vision ce sont les ressemblances comme deux gouttes d'eau, d'une part, entre mon père et Mouhammad (PSL) et d'autres, entre ce dernier et Abraham››.


Le lendemain, Saad Bouh ira raconter cette vision à Cheikh Mouhammad Fadel Ould Lakhbib qui jouissait d'une réputation dans l'interprétation des songes. Celui-ci le lui interpréta ainsi : ‹‹ la forte ressemblance entre Mouhammad (PSL) et ton père s'explique par le fait que ce dernier s'est à tout moment, confronté à la Sunna (traditions) du Prophète (PSL). La forte ressemblance entre Abraham et Mouhammad (PSL) s'explique quant à elle, par le fait que ce dernier, en parachevant la religion prôné par Abraham (monothéiste) s'en est inspiré tel que Dieu le lui avait prescrit. Et enfin la troisième séquence n'est que le rappel de la reconstitution de l'humanité par Noé après le célèbre déluge. Ce qui fait qu'après Adam, Noé est l'ancêtre des hommes. C'est pour respecter son ancienneté que les autres Oulil azmi sont allés à la rencontre de Noé afin de lui présenter leur ‹‹ fils›› Saad Bouh. 


A son âge, Saad Bouh n'avait qu'une préoccupation : être un serviteur exceptionnel de Dieu. Aussi ne songeait-il, dans ses médiations, qu'à quitter le Hod oừ, disait-il, la cupidité était de mise, pour la Mecque et Médine, berceaux de l'Islam. Il allait vite se résigner car, disait-il, ce serait aller contre la volonté de Dieu qui l'orientait vers l'Ouest du Hod. C'est donc dire que Saad Bouh savait depuis son enfance, qu'il avait une mission à accomplir dans cette zone géographique qu'est l'Ouest. Aussi aimait-il se promener seul et méditer sur les merveilles de notre seigneur. C'est dans cette situation qu'il raconte en plus ce songe.


‹‹ Au cours d'une nuit j'ai été interpellé, dans mon sommeil, par un hâtif (quelqu'un qu'on entend mais que l'on ne voit point) qui m'entoura la tête avec le turban de mon père, puis me fit porter tous ses habits, me remit son chapelet et me demanda d'aller prier à la mosquée où je trouvai mon père, à la droite duquel je me plaçai : et il y avait plusieurs fidèles derrière nous. Quant le hâtif cria : ' que quelqu'un dirige la prière ', je regardai mon père et étrangement, nous étions la même personne, avec les mêmes tenues. Ainsi nous dirigeâmes ensemble la prière à l'issu de laquelle mon père fit volte face vers l'Ouest et, me sachant parvenu au sommet, me recommande d'être indulgent et juste avec mes parents''.


Aussitôt après ce songe, le jeune Saad Bouh ira encore consulter le grand Cheikh Ould Lakhbib qui, avant que son ancien élève ne s'adresse à lui, lui explique le songe et lui tint ces propos : « Tes vœux seront bientôt exauces par Dieu et en conséquence tu seras élève au grade suprême. D'ailleurs dans les voies célestes on t'a baptisé Al Moukhtar (l'élu, le choisi) ».


C'est à partir de ce moment que Cheikh Saad Bouh, tel qu'il l'a rapporté dans son livre intitulé " Démenti sur ma soumission", en a décelé en lui, pendant sa jeunesse, des choses que toutes les sources d'enseignement réunies : la Sharia (lois islamiques), les livres de sciences et les traditions orales, etc., ne peuvent raconter. C'est à ce titre qu'il dit : « Mouhammad (PSL) ne nous avait –il pas recommandé de ne pas raconter aux gens, et au risque d'être mal jugés, des faits qui ne sont pas à leur niveau d'entendement ? »
Et pour nous donner une idée sur sa personne , Saad Bouh nous rappelle les propos jadis tenus, dans le même ordre d'idées, par son aïeul Ali di Zein El Abididn, le seul fils de Hossein, petit fils du prophète (PSL) qui à survécu à la bataille de Karbala (an 61 de l'hégire) : « Si je me mettais à raconter le savoir dont m'a pourvu Dieu , l'on dira que j'adore les idoles, et au vu de la Sharia, je serais condamné à mort » .


Le jeune Saad Bouh restera auprès de son père jusqu'à ce qu'il sentit et entendit chacun de ses poils glorifier les noms divins un serviteur inconditionnel et incontesté de son Seigneur.
Il venait d'avoir environ quinze ans lorsque son père lui avait livré le Wird khadrya, l'éleva à la dignité de maitre (cheikh) en lui entourant la tête de son turban et le décora à titre honorifique, de l'emblème de l'Islam dont la communauté a hérité du Prophète (PSL).


Le fils prodige reçut alors de Cheikh Mouhammad Fadel Ould Mamin les plus sages conseils. Cette période marque le début de leur séparation dont d'aucuns disent qu'elle a été précipité par son père quand le jeune Saad Bouh le fit sortir, par un phénomène inexplicable, de sa retraite spirituelle, la tête nue (fait unique durant toute sa vie). Cet événement est survenu quand un disciple de Cheikh Mouhammad Fadel Ould Lakhbib, commissionné par ce dernier auprès d'Ould Mamin, trouva celui-ci en retraite mystique au cours de laquelle personne n'osait le déranger. Il promit alors un beau boubou à quiconque parviendrait à le faire sortir de sa retraite. Le miracle se produisit de la part de Saad Bouh. Il convient de préciser que d'autres l'attribuent à son frère Cheikh Amdal Mahmoune. 
Séparation

Quand Cheikh Mouhammad Fadel Ould Mamin eut l'intention de se séparer de son fils Cheikh Saad Bouh, celui-ci le sachant, se proposa d'entreprendre un voyage à travers les provinces du Hod aux fins de rendre visite à ses frères et cousins qui n'habitaient plus le campement paternel.


Au cours de son périple, Cheikh Saad Bouh fut frappé par le mode de vie que menait son frère Cheikh Taqi Allah, sixième fils de son père.
En effet, la vie de Cheikh Taqi Allah était essentiellement marquée par l'errance dans le désert qu'il aimait tant, avec sa famille et son cheval légendaire qu'il n'a quitté que pour rendre l'âme en 1894 dans le Hod. Il lui arrivait même des moments où, avec sa famille, il mangeait le sable en guise de repas. Dès qu'il vit Cheikh Saad Bouh, il l'appela le Cheikh des Ntaaba qui constitue une tribu maure vivant au Sud Ouest de la République Islamique de Mauritanie, à l'endroit compris entre l'océan, le fleuve Sénégal et le marigot des maringouins. Et quand le jeune frère transmit à l'ainé les salutations de leur père, ce dernier répliqua en récitant « la foi pure », qu'il n'a ni père ni mère. Cette attitude peut s'exprimer ainsi : « Quand Dieu se révèle à son serviteur par le nom Allah, l'âme du serviteur s'éteint, et Dieu se met à sa place, purifiant son temple des entraves de l'éphéméride et rompant le lien qui le relie aux existences ; alors il est seul par son essence et seul par ses qualités, ne connaissant ni père, ni mère » .Cette situation en décrit en état d'extase.


Revenons à la séparation elle-même. Cheikh Saad Bouh avait environ quinze ans lorsque son père l'appela pour lui annoncer leur séparation fatidique. Il lui signifia alors qu'il était le maitre des Ntaaba et qu'en conséquence il devait, en quittant le Hod, côtoyer l'Océan Atlantique jusqu'à l'Ouest : l'endroit où se couche le soleil.
Il lui précisa en outre que, compte tenu des maléfices qui sévissent dans cette zone, il devait inviter cette population à le suivre vers l'Est de la zone, dans le terroir d'Iguidi, à un endroit qui lui sera indiqué par un passant.


En l'orientant vers l'Ouest du Hod, Cheikh Mouhammad Fadel Ould Mamin savait que la mission de son fils ne serait pas facile, cette zone géographique étant pourvue d'éminents guides religieux.
Ce fut un instant effectivement émouvant pour le jeune Cheikh Saad Bouh qui, face à la solitude dont il allait être l'objet, accéda au makhamat Souli (degré spirituel correspondant à la soumission totale à Dieu). En effet, Cheikh Saad Bouh se sentant coupé de son père et du prophète (PSL) qui constituait ses uniques supports, s'appuya pour affronter toutes les épreuves qui allaient se dresser sur son chemin. 


Cet isolement dont il était l'objet signifiait essentiellement la capacité qui le caractérisait sur le plan spirituel. C'est pour cette raison qu'il dit qu'il a été élevé, à une dignité dont la plupart des saints ne jouissent qu'à quarante ans.


Ainsi il quitta à dos de chameau, le cœur gros, la région qui l'a vu naitre. Il était alors en compagnie de ses sœurs Souadou et Nafissatou et de ses talibés Mouhammad Lamine Ould Issa et Mouhamdi Cheikh. Et comme documentation, son père ne lui laissa que deux livrets sur les noms de Dieu. => 
L'Exode

La séparation de Cheikh Saad Bouh avec ses parents s'est traduite par un exode qui, en fait, devait justifier la consécration dont il a été gratifié. Cet exode connut plusieurs étapes dont chacune constitue une épreuve qui se présentait généralement sous forme de confrontations spirituelles ou d'accusations gratuites qu'il se doit de lever pour sa crédibilité.
Voyons –en les péripéties.



A LA RECHERCHE D'UN CAMPEMENT 

En quittant le Hod, Cheikh Saad Bouh partit donc à la recherche des Ntaaba. Il parcourut plus de mille kilomètres à travers le Hod occidental, le Tagant (limitrophe avec l'Adrar). Le Brakna et enfin le Trarza. Pour ce long itinéraire où les animaux féroces imposaient leurs lois, Cheikh Saad Bouh commença par dédier au Tout Puissant un poème dans le quel il lui demandait de le préserver avec les siens, contre les animaux et d'instaurer la paix sur terre.
Cet itinéraire devait le conduire dans des régions reculées oừ le célèbre et vénéré Cheikh Mouhammad Fadel Ould Mamin était inconnu ; ceci marque pour Cheikh Saad Bouh le début d'une ère nouvelle.


Cependant, il ne manque pas une fois d'entretenir des relations épistolaires avec son père à qui il envoyait régulièrement des adiya (aumônes) pour ne pas faillir à la tradition qui recommande de ne point oublier son maître. Dans ses lettres, il mettait de loin celui de ses contemporains et celui de ceux qui l'ont précédé. Et en outre, il rappelait fièrement ses origines qui remontaient jusqu'à Mouhammad (PSL) dont son père, maitre des maitres, était l'héritier spirituel tout comme lui, était le sien.


En retour, Cheikh Mouhammad Fadel, en assurant à son fils sa présence constante à ses cotés, ne cessait d'apaiser son ardeur en lui conseillant « de ne point négliger les prières canoniques et d'être clément vis-à-vis des hommes afin que la grâce divine soit davantage répandue sur lui. Car » poursuit –il, il m'a été révélé que, le jour dernier, grâce à toi, la plupart de ces hommes iront au paradis ».


Ainsi, pour se consacrer davantage à Dieu, Cheikh Saad Bouh écrit Ya Sakhibayadami : prière faite à ses organes des sens, afin que ceux-ci se détournent de toutes les tentations de ce monde.
Avant de venir s'établir à Ziré, au milieu des Ntaaba, Cheikh Saad Bouh séjourne dans plusieurs lieux : Cheikh Saad Bouh a séjourné à Gouenit, Toueyzikt, Mbel, Bou Jaiba (entre Khoufa et l'océan), etc. Il y passa respectivement plusieurs mois. Et chaque fois que, dans cette contrée, l'occasion se présentait à lui, il y établissait sa réputation maraboutique tout en clamant son origine chérifienne.


Lors de son parcours vers Zire, Cheikh Saad Bouh rencontra, à Mbel, Mouhammad Ibn Hanbal, personnage vénéré dans toute cette région. Ce saint personnage qui, éclairé par une inspiration divine, accompagna Cheikh Saad Bouh dans son trajet et se plaça ensuite avec ses cents disciplines, sous son obédience. De celui-ci. Il fut ainsi le premier Cheikh consacré comme tel, en pays maure. Il donnera plus tard à son nouveau maître, sa nièce en mariage.
C'est dans cette contrée que Cheikh Saad Bouh rencontra également, tout près de Maray, sur la rive droite, Mouhammad Sakhnoun de la tribu des Ehel Ag Dabiaye qui allait devenir l'un de ses fideles disciples et compagnons.


En voici les circonstances : un jour, Cheikh Saad Bouh vint dans le campement de Mouhammad Sakhnoun qui en était absent. Mais il y trouva ses fils Mouhammad et Mouhammadou Guia qui se soumirent à lui, après s'être fait raser la tête. Aussitôt les nouveaux disciples se mirent à courir dans tous les sens, à boire de l'eau de la mer et à manger des feuilles d'arbre.


De nos jours d'ailleurs, les descendants de cette famille soignent certains de leurs maux avec de l'eau de mer ou des feuilles d'arbres.
Or, Mouhammad Sakhnoun, en rentrant chez lui, trouva Cheikh Saad Bouh et ses fils en transe. Il apostropha sévèrement l'inconnu qu'il n'avait jamais vu auparavant, en ces termes : « Fais recouvrer à mes fils leur esprit et, chérif comme tu le prétends, tu dois être capable de trouver un remède à nos maux ».


Cheikh Saad Bouh releva le défi. Cette tribu se dévouera à Cheikh Saad Bouh et à ses descendants, ceci jusqu'à nos jours. Quant à Mouhammad Sakhnoun, devenu fervent adepte de Cheikh Saad Bouh, il ne le quitta plus un instant. Cheikh Saad Bouh se maria pour la première fois. C'est également vers cette contrée qu'il rencontra celui qui deviendra assurément à la fois son plus grand détracteur et adversaire : le savant Mouhammad Ibn Tefi du village de Lakharat situé au Nord de Saint Louis. En effet , ce personnage mit Cheikh Saad Bouh à l'épreuve en lui demandant d'abord , de lui faire faire involontairement un geste de courtoisie envers lui et, ensuite , à partir d'une petite calebasse remplie de lait , de faire boire à satiété tout le monde qui les entourait.


A la demande de Cheikh, le lait fut préparé. Il pria alors Ibn Tefi de prendre la calebasse et de servir tout le monde. Celui-ci s'exécuta en toute docilité sans s'en rendre compte, et chaque personne put boire du lait à volonté.
Apres cette action, Cheikh Saad Bouh fit un geste en direction des centaines de personnes qui pratiquaient, non loin d'eux, du dhikr et aussitôt ils se turent tous. Et au fur et à mesure qu'il faisait un geste du doigt, celles-ci reprenaient une à une leur dhikr. Ensuite, il refit pratiquement les mêmes gestes, mais cette fois –ci avec du sable, en direction de quelques animaux qui rodaient aux alentours du campement. Et tel un corps de ballet, ceux-ci s'exécutèrent au gré de ses gestes. 



CAP SUR LE SENEGAL 

Il paraît nécessaire de préciser que Cheikh Saad Bouh, après son départ du Hod, n'y est jamais retourné et qu'il entreprit le voyage au Sénégal après le décès de son père en 1869. Et Saint Louis fut la première ville sénégalaise à l'accueillir en 1872 alors qu'il n'avait que Vingt-quatre ans ; trois ans donc après la disparition de son père.
Comme à son habitude, Cheikh Saad Bouh, en vue de son départ pour le pays des maisons en dur, fit cette prière: 
"O Seigneur ! Dirige-moi sur le droit chemin exauce mes prières.
Et bénis l'agriculture ainsi que l'élevage 
Car tu es le Maitre incontesté de l'univers.
Assiste-moi et fais que je me sente assisté de toi.
Guide mes pas partout oừ je vais 
Et confirme-moi dans mon dévouement".


En raison des dures et habituelles conditions de voyage, Cheikh Saad Bouh séjournera encore dans plusieurs endroits avant d'arriver à Saint-Louis qui était alors la capitale du Sénégal et de la Mauritanie.
Au cours de son périple en pays noir qu'il avait l'habitude de visiter tous les deux ans dans ses parties limitrophes avec la Mauritanie, le Cheikh se rendra ensuite dans les provinces de l'intérieur du Sénégal ; Fouta, Baol, Diambour, Dakar, Cayor.


Notons quelques faits qui ont marqué ce périple pour mieux caractériser les épreuves subies au cours de cet exode.


Saint Louis : lors de son premier séjour dans l'ancienne capitale du Sénégal et de la Mauritanie, Cheikh Saad Bouh et ses disciples avaient élu domicile au quartier Guet –Ndar, chez la dame Thiane Mbadieye. En l'absence du Cheikh ses disciples, conformément à ses recommandations, prièrent toute une nuit, à haute voix. Etant donné que les autorités coloniales interdisaient cette pratique de dévotion, les policiers alertés, se rendirent chez ladite dame pour rappeler à l'ordre les disciples du Cheikh. Devant le refus catégorique de ces derniers d'obtempérer, un policier blanc éperonna son cheval qui se cabra pour piétiner Mouhammad Lamine Ould Issa qui dirigeait les prières. Celui-ci prononça un nom d'Allah et le policier tomba par terre avec sa monture. Devant cette situation, un autre policier s'engage vers Ould Issa et lui administra une gifle magistrale. Le marabout prononça de nouveau deux noms d'Allah et le policier tomba et rendit l'âme aussitôt.


Cet incident valut aux perturbateurs (c'est ainsi que les autorités coloniales qualifiaient en ces circonstances, les talibés de Cheikh Saad Bouh) un séjour en prison. Informé des faits, Cheikh Saad Bouh pria toute la nuit et annonça le lendemain que Dieu lui avait révèlé qu'on allait venir le chercher pour libérer les talibés. Il refusa en conséquence de suivre chez lui Bou El Mogdad qui voulut lui éviter les démarches chez les policiers. Et comme il l'avait prédit, Cheikh Saad Bouh fut conduit chez le gouverneur qui l'interrogea avec bienveillance et fit libérer les prisonniers.


Une autre fois, alors qu'il avait campé au quartier Ndar –Toute, à l'emplacement de l'actuelle école Dodds qui n'était pas encore créée, Cheikh Saad Bouh reçut une convocation venant du gouverneur Coppolani. Il devait dans ce cas aller à son bureau situé à quelques cent cinquante mètres de son campement, vers le petit bras du fleuve Sénégal. N'ayant pas l'habitude de recevoir des ordres, il refusa de s'y rendre. Il revint cependant sur sa décision après maints conseils de ses moukhaddam, ses proches. Il se rendit alors au bureau du gouverneur avec ses fils Sidya Bouya, Makhfouss, Ma El Aynine et ses disciples, Ahmad Baba et Mouhammad Lamine Ould Issa.


Une fois sur les lieux, le saint homme et sa suite furent reçus par le gouverneur Coppolani assisté par l'interprète Bou El Mogdad. Ils furent aussitôt informés de l'objet de la convocation : la cessation immédiate des exubérantes prières nocturnes. Ces prières qui ont été à l'origine des démêlés entre la police et les disciples du Cheikh perturbaient, selon l'autorité temporelle, le sommeil de ses enfants.
Etant un fervent adepte du dhikr à haute voix, Cheikh Saad Bouh refusa de se plier à la volonté de Coppolani qui excédé fit signe de jeter un coup d'œil dans la cour du palais : des gardes armés jusqu'aux dents étaient ça et là. Le gouverneur voulut en fait lui signifier que s'il n'obtempérait pas, il serait mis en état d'arrestation, 
Excédé à son tour, l'invité se leva et se dirigea vers la sortie, prenant du bout de ses doigts les grains de son chapelet. Et aussitôt tout l'immeuble bascula d'un coté. Il fallut l'intervention expresse de Bou El Mogdad pour apaiser Cheikh Saad Bouh qui, prenant à témoin Dieu et le Prophète (PSL), dit que s'il faisait un pas de plus Tout Saint Louis serait englouti dans les eaux. C'était là, également pour le Cheikh, une menace en réponse à celle dont il venait d'être l'objet de la part du Gouverneur.


Affolé, le gouverneur Coppolani s'empressa de faire donner à Cheikh Saad Bouh, en guise de adiya, dix balles de tissu, dix sacs de sucre, dix sacs de thé et un lit en plaqué or que le Cheikh cédera à un de ses disciples, le confort n'étant pas son fort. Monsieur Coppolani informera ensuite le gouverneur général du déroulement des faits tout en précisant que Cheikh Saad Bouh n'était pas dé portable. La tentative de déportation était donc en réalité l'objectif implicite de l'entrevue suscité par le gouvernement de colonie.


La déportation en question n'a jamais cessé en fait d'être l'objectif des français qui n'ont effectivement jamais pardonné à Cheikh Saad Bouh le ridicule dont ses talibés les ont couverts lors des démêlés de Guet Ndar. En plus de cela il faut ajouter la suspicion et la crainte qu'éprouvaient toujours les colons lorsqu'ils y avaient des attroupements autour des marabouts.


Cet état de fait persistant, l'administration élabora un plan qui consista à procéder à l'inauguration d'un bateau sur le fleuve Sénégal ; c'est cérémonie devant être rehaussé de la présence du gênant marabout. Il était prévu dans l'inéraire, une promenade jusque vers l'embouchure du fleuve. Mais le bateau ne put aucunement lever l'ancre, au grand dam des autorités coloniales qui firent appel à tout leur génie pour réparer leur moyen de transport défaillant, mais en vain. Et au saint homme de leur dire ; « Le Tout-Puissant n'a pas autorisé son départ d'ici ».


Impuissantes donc devant ce personnage visiblement assisté de Dieu, et pour faire la paix avec lui et son entourage, les autorités coloniales laisseront passer la frontières sénégalo-mauritanienne, et sans aucune taxe, ses taxes animaux, en quête de pâturage. Est-il alors évident d'admettre que cette attitude des colons découle du « respect » qu'ils éprouvaient à l'égard de la sainteté de Cheikh Saad Bouh ?


Il serait dommage de se limiter aux seuls problèmes qu'a eus Cheikh Saad Bouh à Saint Louis qui, après le village de Débi, a été la première localité sénégalaise à l'accueillir ; accueil dont il lui sera très reconnaissant, notamment à l'égard des habitants de Guet-Ndar qui l'ont adopté dès son arrivée.


Cette reconnaissance va tout d'abord se traduire par cette révélation de la part du saints homme : « soyez satisfaits vous les pêcheurs car la porte la miséricorde ont pris le pas sur les péchés dont le registre d'inscription est à découvert ; ce qui engendre ainsi le pardon pour tous les Saints-Lousiens ».


Ensuite il fera une autre révélation depuis son campement de Ndar-Toute. Alors qu'il avait l'habitude de se promener par moment à cet endroit, vêtu d'un seul boubou , le cheikh pour se justifier , dit qu'une des portes du paradis donnait sur cet endroit et que le vent émanait lui rafraîchissait le corps . Cette révélation ne fait que confirmer les bienfaits que la plupart des marabouts ont prédits pour la ville de Saint-Louis.


Fouta : au cours d'un voyage par bateau vers Podor, Cheikh Saad Bouh étant arrivé après l'actuel village de Débi, descendit dans le canoë attaché à la poupe du bateau pour faire ses ablutions et prier l'heure de « t ». Il s'y prit maladroitement et tomba du canoë. Personne ne s'était rendu compte, à cet instant, de ce qui s'était passé. Ce n'est qu'au bout de quelques minutes de quelques minutes qu'un de ses talibés signala son absence. On rebroussa chemin pour aller à sa recherche et on le trouva entrain de prier à la surface de l'eau.


Interrogé sur ce prodige, le saint homme déclara que dans sa chute, il a prononcé une syllabe de basmala et qu'aussitôt l'eau fut transformé à cet endroit du fleuve, en corps dur par les Rijalu khayri et les Rawkhânes qui sont tous deux des créatures invisibles, proches des anges. Il loua ensuite son Seigneur Qui lui a révélé que s'il avait prononcé ce vers entier (basmala), toute l'eau du fleuve serait évaporé. C'est en remémorant cet acte que Cheikh Saad Bouh a écrit un écrit un ouvrage intitulé : « les Bienfaits de la basmala ».
Dakar : lorsqu'il vint Dakar qui n'était encore qu'une petite ville Cheikh Saad Bou campa dans le quartier Hock qui était alors le fief des lébous à proximité de l'actuel emplacement de la mosquée dite khadrya.


Cette mosquée est ainsi appelée ainsi parce que ses promoteurs dénommés Youssouf Ba Amar Gueye et proches avaient alors demandé à Cheikh Saad Bouh de prier à cet emplacement sur lequel ils avaient l'intention d'édifier une mosquée. Apres une timide rencontre avec les populations l'ébous, il sera bien adopte, notamment par les membres des familles de Alpha Diol et Youssouf Ba Amar Gueye. Ainsi, ces populations n'hésiteront pas à constituer une délégation chargée de rencontrer le marabout de qui elles attendaient des prières pour faire face à leurs problèmes cruciaux, parmi lesquels l'épidémie mortelle qui sévissait dans Dakar et d'autres part la solitude dans laquelle se trouvait ladite localité. C'est donc là une explication de l'essor prodigieux de Dakar.


Quand Cheikh Saad Bouh quitta Dakar pour l'intérieur du pays, il fut rejoint en catastrophe, à yarakh, actuelle banlieue de Dakar, par quelques L'ébous réunis autour de Alpha Dol qui a été avec Youssouf Ba Amar Gueye l'un de ses premiers talibés dans la région. Apres avoir loue le Seigneur, Maitre ses mondes, ils lui dirent ; « Nous avions oublie, en vous faisant part de nos problèmes, celui de la sécheresse persistance ».


Le cheikh leur répondit : « Le maitre des mondes a déjà exauce votre prière. Et tout Dakar baignera dans l'eau. Il pleuvra sur la presqu'il toute une semaine durant au point d'inquiéter sérieusement tous les habitants ».
Ils se décidèrent d'aller, de nouveau, à la rencontre de Cheikh Saad Bouh qu'ils rejoignirent entre Mbao et Rufisque. Des qu'ils l'informèrent de leur préoccupation, la pluie s'arrêta.
Baol ; Cheikh Saad Bouh s'y rendit vers 1880, sous le règne du Teigne fétichiste et idolâtre Elimane Fall qui ne tôlerait point l'intrusion des voyageurs dans son fief.


Quand il fut informe de l'installation illégale du Cheikh dans son territoire, il dit, à la grande surprise générale, de le laisser en paix. Il lui fit ensuite apporter, par ses captifs, de nombreuses provisions.
Le lendemain, le monarque, richement habille, reçut le cheikh avec tous les honneurs et le fit installer prés de lui sur son trône. Puis il s'engagea entre eux une conversation au cours de laquelle Cheikh Saad Bouh fit remarquer l'inutilité des idoles, en désignant l'arbre qu'il adorait.


« Nous ne connaissons que ces idoles que nous tenons de nos pères », lui répondit le Teigne.
Pour lui prouver que les idoles n'ont aucune valeur, Cheikh Saad Bouh lui dit qu'il pouvait détruire, en une fraction de seconde. l'arbre-fétiche.


Persuade que son hôte ne pourrait réaliser ce qu'il venait de dire, Elimanel acquiesça. Du coup, le chef fit un geste en direction de l'arbre qui fut foudroyé. Et pour confirmer l'assertion de leur maitre (l'unité des idoles), un des fideles traina l'arbre jusqu'à leur pieds.
Devant la stupéfaction du Teigne qui n'en revenait pas Cheikh Saad Bouh dit qu'on ne doit adorer que Dieu, l'Unique, l'Eternel.


Et c'est volontiers qu'Elimanel Fall reconnut en Dieu le véritable Maitre de l'univers. Ensuite, il reçut l'enseignement du Cheikh qui le convertit à l'Islam avec tout son peuple et lui demanda de se débarrasser des bijoux en or dont il s'était pare.


Ayant entendu que le cheikh avait une magnifique chevelure qu'il dissimulait sous son eternel turban, Elimanel Fall lui demanda de la voir. Et tout naturellement Cheikh Saad Bouh refusa. Néanmoins, devant son insistance, il dévoila sa chevelure à son nouveau talibé dont la tête s'inclina aussitôt vers sa poitrine. Il fut délivre de cette position insolite par le Cheikh qui lui dit : « C'est ainsi qu'on peut faire la différence entre les rois de cette terre et Dieu qui est le véritable Roi.


Mouhammad (PSL). C'est effectivement à Ngoumba oừ mourut et fut enterre son fils Hadrame dont la disparition à la fleur de l'âge, éprouva le Cheikh qui tenait à lui rendre hommage. Il demanda alors à un de ses disciples de cette province, Cheikh Code Diaw, accompagne d'autres disciples, de lui indiquer le tombeau de son fils à son fils. A une centaine de mètres des lieux, le guide lui montra du doigt l'endroit fatidique d'oừ jaillit une lumière qui fut projetée jusqu'à leur pieds. C'est le moment que choisit Cheikh Saad Bouh pour s'adresser à son Seigneur, en ces termes :
Sache, O le M miséricordieux que Ngoumba t'adresse des prières.
Accorde lui donc toute la miséricorde qui est en 
Toi.
Fais que félicite satisfaction et sérénité enveloppent ce cimetière
Toutes ces faveurs grâce au tombeau de mon fils.
Ce fils dont tout le monde peut témoigner de sa 
Fidélité à mon égard
Fais que la terre lui soit légère
Que son tombeau baigne dans la lumière
Et qu'il soit destine au paradis par la Vertu que Tu 
As attribue à Mouhammad (PSL) et dispense à ses valeureux compagnons
Pardonne-lui tous ses pèches
Ainsi qu'à tous ceux qui viendront s'y recueillir.
Les compagnons de tous ceux qui seront ici.


Indépendamment de la visite religieuse dont il est souvent l'objet. Ce cimetière de Ngoumba sert de dernière demeure à certains descendants et disciples de Cheikh Saad Bouh
Cayor : dans ce province, Cheikh Saad Bouh était également adule notamment dans la ville sainte de Tivaoune oū il s'était fait distinguer par ses talents exceptionnels pour instruire sur place des personnes qui ignoraient tout de l'islam. A ce titre, « lors dd son séjour en cette escale, en Mrs 1913, la population donna des grandes en son honneur. Peu après son départ, les terrains communaux ayant été lotis et mis en adjucation, en vue de l'agrandissement de la ville, le lot sur lequel le Cheikh avait campe avec sa suite atteignit une valeur dix fois supérieure à celles des terrains environnants ».


Telles sont les étapes importantes et les péripéties qui ont caractérisé l'exode de Cheikh Saad Bouh depuis son Hod natal jusqu'au Sénégal. Ce périple l'a véritablement révèle aux populations qu'il a rencontrées en dépit des difficultés qu'il a rencontrées en dépit des difficultés qu'il a connues. Ainsi, c'est sans surprise que son nom sera vénéré dans toute l'Afrique Occidentale, singulièrement en Mauritanie, au Sénégal, en Gambie, au Mali, en Guinée Conakry et en Guinée Bissau. Encore qu'à cette époque il n'était pas facile d'émerger dans cette partie de l'Afrique oừ les marabouts de grande renommée étaient nombreux et la main mise coloniale s'y confirmait de plus en plus. Cheikh Saad Bouh parviendra cependant à se faire distinguer au point de se faire nommer par ses compagnons, l' « Etoile de l'Islam » ; appellation que le Cheikh tint à justifier toute sa vie durant. Le chapitre suivant nous en dira plus
Vie politico-réligieuse 

Pour mettre en relief la vie de Cheikh Saad Bouh sous l'angle politico-religieux, il parait nécessaire de l'aborder sous l'angle de la nature des différents rapports qu'il a eus avec son entourage et les tiers ; cette partie de l'ouvrage ne faisant figure que de compléments au chapitre précédent consacre à l'exode de Cheikh Saad Bouh, l' « étoile de l'Islam »

Rapports avec ses proches :
Cheikh Saad Bouh a toujours entretenu les relatons des plus cordiales avec tous ses proches ; lesquelles relations étant consolidées par les visites qu'ils rendues, à son départ du Hod, à la plupart de ses parents. Mais une fois qu' ; il s'est fixe à Nimjat, tous ces parents sont venus le visiter en raison de la distinction particulière dont il a joui de la part de son père Cheikh Mouhammad Fadel Ould Mamin.
En matière d'enseignement religieux, il envoyait au Maroc, auprès de son Frère Cheikh Ma El Aynine, certains de ses élèves, pour complément de formation, et réciproquement.
Ses propres enfants lui étaient très dévoues au point de ne lui parler que par moments à l'exception de Cheikh Sidaty dont le tempérament impulsif était reconnu de tous.

Rapport avec les tribus avoisinantes

Ces tribus dont j'ai déjà parle dans le chapitre consacre à l'exode, n'ont jamais cesse, dans leur majorité, d'être hostiles à l'égard du Cheikh dont elles ne souhaitaient que le départ de Nimjat. Le prestige sans cesse croissait du Cheikh notamment en pays noir, a influence en grande partie, leur attitude.
Il importe de souligner, en outre, que Cheikh Saad Bouh a beaucoup souffert, partout oừ il résidait des campagnes de dénigrement de la part des Kounti qui rejetaient catégoriquement la descendance chérifienne des « fadelia ».
Face à cette situation, les enfants du cheikh finiront par perdre patience. Mais le flegme affiche par leur père apaisera leur ardeur. En effet, Cheikh Saad Bouh ne cessait jamais de dire à son entourage de ne pas répondre aux provocations des tribus avoisinantes car tôt ou tard elles se rallieraient à leur cause et compteraient parmi leurs disciples. De nos jours, ces populations sont les premières à s'installer à Nimjat, à l'approche du pèlerinage annuel.
Rapport avec ses contemporains
Se sachent malgré lui, investi d'une mission divine, Cheikh Saad Bouh s'est tout d'abord révèle comme étant un bonheur, particulièrement pour la race d'« adiam », et pour cause. C'est pour cette raison qu'il exhortait les populations negro-berbères qu'il rencontrait à croire en lui, exhortation Fi ilmil tasawwufi dans lequel il dit qu'il lancée un appel à l'humanité comme l'avait fait jadis son ancêtre Mouhammad (PSL). C'est l'appel à l'Islam qui lui a valu toutes les péripéties déjà décrites qu'il a connues, en Mauritanie notamment oừ il s'est en somme révèle comme un propagateur de l'Islam en usant, selon les circonstances, de différents procèdes de prédication sur lesquels je reviendrai dans la partie réservée aux œuvres du Grand Cheikh.
C'est ainsi que Cheikkh Saad Bouh, grâce à ses dons exceptionnels, convertissait à l'islam des personnes perverses qui, meme des fois, se voyaient hisse à des grades élèves dans l'ordre spirituel (cheikh), pour être chargées dans leur fief, de propager la religion

Sadbou Samb nimzatt 2022